Gazette de Liége

Pour le MR liégeois, la création d'un « Eros Center » à Liège n'aura de sens que s'il est inclus dans un plan d'ensemble de propositions visant à gérer, encadrer et à lutter contre toutes les facettes de la prostitution.

Envisagée depuis la fermeture par la commune de la plupart des salons de prostitution liégeois en avril 2009, la création d'un « Eros Center » sur le modèle de la Villa Tinto d'Anvers, où serait concentrée et encadrée la prostitution de salon, fait à Liège l'objet d'un large consensus. Une ASBL, « Isatis » (Initiative Sociale d'Aide aux Travailleurs Indépendants du Sexe) a été créée pour porter le projet.

Conseillère communale MR et membre de l'ASBL (mais, comme les trois autres conseillers communaux de l'ASBL, à titre personnel), Elisabeth Fraipont souligne que le MR soutiendra l'Eros Center, mais à plusieurs conditions : « Il faut que la dénomination change, pour être plus respectueuse ; qu'il y ait des garanties éthiques ; des garanties de santé et de sécurité ; un statut clair et reconnu pour les prostituées ; un gestionnaire à la probité irréprochable ; des bénéfices éventuels exclusivement utilisés à des campagnes contre l'exploitation sexuelle ; et, surtout, que le centre s'inscrive dans un vaste plan d'accueil social, qui permette à celles qui le désirent de sortir de la prostitution ».

Par ailleurs, le MR souligne que cet Eros Center ne s'attaque qu'à une des facettes de la prostitution, celle des salons. « L'Eros Center n'a de sens que si on le double d'un véritable plan d'action pour la prostitution de rue », explique Catherine Robert, conseillère de CPAS. « En renforçant les associations de terrain, luttant contre la toxicomanie associée et facilitant l'accès des prostituées aux services de santé. »