Gazette de Liége

Vendredi, la "Gazette" titrait : "Le grand troc est en marche ", faisant référence au "marchandage politique" que d’aucuns, opposition MR en tête, estiment en cours eu égard à divers projets liégeois. Face-à-face, essentiellement : les ministres wallons André Antoine (CDH), en charge du Budget, et Philippe Henry (Ecolo), chargé de la Mobilité. Les dossiers liégeois qui cristallisent les tensions sont nombreux actuellement. Il s’agit notamment de celui ayant trait à la FN Herstal et plus généralement à la réforme de l’octroi des licences d’armes wallonnes, mais il y en a d’autres. On peut évoquer le projet de tram liégeois, reporté de semaine en semaine depuis le "clash" intervenu mi-novembre entre les deux ministres wallons précités.

Ce mercredi, veille d’un gouvernement wallon à haute tension, le ministre Antoine en a remis une couche, budgétairement parlant, en plaidant tant pour un tronçon raccourci que pour un projet moins coûteux. Selon lui, le budget initial de 500 millions d’euros d’investissements devrait être limité à 300 millions. Certes, le ministre humaniste fait la même réflexion concernant d’autres projets d’infrastructures et l’inscrit dans le contexte budgétaire délicat mais il s’agit, après la mise en balance du dossier du tram avec celui du centre sportif de haut niveau, d’un nouvel épisode de nature à reporter encore une décision. Or, pour rappel et compte tenu notamment de l’échéance constituée par une éventuelle Expo internationale en 2017, il y urgence pour Liège dans ce dossier.

Du côté du cabinet Henry, l’accueil à cette proposition de dernière minute a été très froid et on se demande "à quel jeu joue André Antoine". Porte-parole du ministre Ecolo, Pierre Castelain affirme l’intention de faire approuver le dossier en l’état ce jeudi. "Il n’y a pas de volonté de saucissonner ce dossier et il y a lieu de faire référence en la matière à l’accord unanime intervenu au niveau du comité exécutif liégeois", explique-t-il, évoquant la nécessité d’un projet d’agglomération qui desserve aussi les communes périphériques. "Si on se limite dans un premier temps, comme certains le voudraient, à un mini-tronçon, le risque est de faire du tram un gadget et cela serait donc un très mauvais signal".

Du côté de l’ASBL urbAgora, opposée au projet de tracé du ministre Henry, on dit de la solution préconisée par André Antoine qu’elle n’est pas si mauvaise. "Recentrer l’investissement sur le centre-ville est une bonne chose car cela permet d’avancer, mais il faut réfléchir en avançant et développer en parallèle un véritable REL", estime François Schreuer, pour qui "il faut lier les deux dossiers et négocier avec la SNCB". Enfin, l’opposition MR, qui s’exprimait hier sur plusieurs dossiers chauds, en appelle elle aussi à une vision globale et cohérente en la matière et à un plan desservant l’agglomération, que ce soit en tram, en bus ou via un futur REL à créer. Et le MR provincial d’en appeler le PS, parti dominant, à "siffler enfin la fin de la récréation entre CDH et Ecolo".