Gazette de Liége

Huit ans après l'explosion survenue rue Léopold, Benoît Robert, père de l'une des victimes, a écrit au procureur général pour réclamer le dessaisissement du procureur du Roi dans ce dossier, a-t-il expliqué vendredi lors d'une conférence de presse.

Dans la nuit du 26 au 27 janvier 2010, une violente explosion au gaz a provoqué l'effondrement de deux immeubles situés rue Léopold, dans le centre de Liège, faisant des dizaines de blessées et 14 morts.

Le père d'Alexis Robert dénonce huit ans plus tard ce qu'il qualifie de "partialité de la justice liégeoise", alors que le procès n'a toujours pas eu lieu.

Benoît Robert a envoyé mardi un courrier au procureur général Christian De Valkeneer. "Nous avons l'impression de n'en être nulle part et nous avons été choqués par l'évolution du dossier", écrit-il.

Selon lui, l'arrivée du procureur Philippe Dulieu, successeur de Danièle Reynders, expliquerait un changement radical d'orientation du dossier. "En 2013, la responsabilité de l'Agence liégeoise du gaz (ALG), de l'intercommunale des pompiers, de la Ville, du bourgmestre et d'une responsable du Service de la sécurité et de la salubrité publiques était pointée du doigt par le parquet. Or, le réquisitoire ne vise désormais plus que le propriétaire de l'immeuble ainsi qu'un employé de base", s'étonne Benoît Robert.

Il estime qu'il existe un conflit d'intérêts dans le chef du procureur Dulieu. "Son fils est stagiaire au cabinet de l'avocat qui défend la Ville."


"Sortons du fantasme !"

Le procureur du Roi de Liège souhaite réagir aux accusations portées contre lui.

A la lecture des accusations de la partie civile dans le dossier de l'explosion de Liège, Philippe Dulieu, le procureur du Roi de Liège, a tenu à réagir et à expliquer la position du parquet de Liège dans ce dossier. "Je respecte profondément la douleur des victimes, mais la calomnie je ne peux pas l’accepter", indique Philippe Dulieux. "Le dossier a été instruit en toute indépendance", explique-t-il. "Il faut faire la différence entre la qualification pénale et les poursuites au civil. Inculper au pénal nécessite que l’élément matériel et l’élément moral soient présents et que la faute soit en lien avec le dommage." Philippe Dulieu souligne que la décision de demander ou non le renvoi a été prise de manière collégiale.

"Le réquisitoire a été décidé de manière collégiale entre le parquet et le parquet général. Quatre personnes, dont moi-même et le procureur général Christian De Valkeneer, sont intervenues dans la décision. Nous avons décidé, après examen du dossier, de demander le renvoi du propriétaire de l’immeuble litigieux et d’un employé de la ville de Liège." Le procureur du Roi a regretté les accusations. "Les attaques personnelles, ne font que provoquer un effet de discrédit sur les institutions et c’est regrettable", termine le procureur qui rappelle que la chambre du conseil n’est pas tenue de suivre l’avis du parquet concernant le renvoi. Il existera ensuite un appel possible pour la partie civile. Ce sera alors à la chambre des mises en accusations de se pencher sur le renvoi ou non de personnes. Il existe aussi, en dernier recours, la possibilité pour la partie civile de se constituer dans les mains d'un juge d'instruction à l'encontre des personnes qu'elle estime devoir répondre de ces faits devant le tribunal correctionnel.