Francis Balace «un petit côté couleur locale»

STÉPHANIE KOCH Publié le - Mis à jour le

Gazette de Liége

L'allure débonnaire, le sourire caché derrière des moustaches et un accent bien de chez nous, Francis Balace incarne désormais aux yeux de tous les Liégeois le commentateur attitré des événements royaux. Mais derrière cette facette «ludique» comme il la présente c'est avant tout un scientifique passionné par l'histoire contemporaine qui sévit depuis de nombreuses années dans ses spécialités.

UNE PASSION NÉE DU CHOCOLAT

Né à Ans durant la dernière année de la Seconde Guerre mondiale, Francis Balace est naturellement baigné dans une vie quotidienne marquée par les événements passés: «J'étais à un âge auquel on parle beaucoup avec son grand-père et bien sûr mon contexte familial faisait constamment référence aux événements historiques. Par exemple, dans chaque phrase on pouvait entendre «Avant la guerre» ou «Après la guerre». Et puis, dans les écoles primaires on enseignait l'histoire avec des livres qui faisaient beaucoup appel à l'imagination des enfants».

C'est donc à l'âge de cinq ou six ans que l'amour de l'Histoire s'était déjà déclenché chez le futur spécialiste, appuyé par la découverte d'une collection de chromos sur les uniformes de l'histoire de la Belgique, insérée dans les plaquettes de chocolat «Riri de Maret», qui lui donnèrent le goût de la chronologie.

Adolescent heureux, entouré de beaucoup d'affection bien qu'ayant perdu ses parents très tôt, sa passion dévorante pour les livres est déjà bien lancée, et sa bibliothèque bien achalandée commence à se constituer dès cette époque. «À cette période vers les années 50-60, on n'était encore qu'aux balbutiements de la télévision et je n'ai jamais été un fanatique des sports de contemplation. Donc je me souviens que je passais tous mes temps de midi et mes week-ends à bouquiner».

Loin de se cantonner aux ouvrages scientifiques, comme on pourrait le croire, l'historien avoue avoir un penchant pour les romans antérieurs à 1914: «Ça c'est mon goût pour l'humour. Quand je lis des choses comme «Et il bondit dans sa limousine qui dévora l'air à plus de 40 km/h» je trouve ça très amusant» sourit-il.

AH! LES MATHÉMATIQUES

Mais sa première vocation a été contrecarrée par ce qu'il nomme lui-même «une nullité totale en mathématiques»

Ce qui constitue effectivement, à sa grande désolation, un handicap majeur pour faire carrière dans l'armée.

C'est après cette déception, qu'il décida d'entamer des études d'Histoire à l'Université de Liège chez le professeur Robert Demoulin. Depuis lors, il s'est choisi des sujets de prédilection, parfois au hasard de lectures, comme il l'explique: «J'avais été intrigué au hasard de quelque lecture concernant la guerre de Sécession par les relations qu'ont entretenues la Belgique et les États-Unis. De là, j'ai consacré mon mémoire sur le sujet et j'ai obtenu par la suite une bourse à la George Washington University». À son retour, il obtient un poste à l'Université de Liège, réalise sa thèse de doctorat en 1975 et décide de changer son fusil d'épaule. Il s'attaque alors à certains aspects de la Seconde Guerre mondiale, que le hasard, dit-il, va encore servir, du fait que «Maurice De Wilde, journaliste à la BRT, lança à ce moment son émission «The New Order» à laquelle j'ai ainsi participé. Et je pense que maintenant, c'est par le biais de la télévision que je suis plus connu et non par toutes mes publications scientifiques qui touchent un cercle plus restreint». C'est d'après lui une influence du calendrier et des anniversaires (des phénomènes de mode, comme il dit) qui crée une demande, offre des opportunités et donne un écho aux sujets traités par les historiens.

Par tradition monarchiste convaincu, il apprécie énormément apporter des éclairages historiques au grand public au travers de ses commentaires, sollicités lors des manifestations royales: «Je me suis toujours intéressé aux influences occultes de la famille royale. J'aime beaucoup donner mes explications en mêlant l'humain et en gardant un petit côté couleur locale».

Des «dadas», en voilà donc pas mal, et les projets s'enchaînent au même rythme. Le dernier en date, actuellement en chantier, est la réalisation d'un ouvrage d'envergure consacré aux services de renseignements de 1914 à 1950. Sans doute la cause du désordre labyrinthique qui envahit le bureau de cet ardent chercheur

© La Libre Belgique 2001

STÉPHANIE KOCH

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