Gazette de Liége Une convention pluriannuelle devrait remplacer le contrat-programme refusé. La mobilisation a porté ses fruits.

Les nombreux amis du théâtre Arlequin n’ont pas sonné le tocsin en vain (LLB-Gazette, 16-17/12). Mardi en fin de journée, la ministre Alda Greoli (CDH), en charge notamment de la Culture au gouvernement de la Communauté française, a reçu les directeur et administrateur de la compagnie liégeoise, Serge Swysen et Marie-Josée Delecour, son fondateur José Brouwers et un administrateur juriste. Et selon nos informations, elle leur a fait une proposition qui, au moins à moyen terme, devrait sauver l’institution mise en très mauvaise posture par les décisions des membres du Conseil de l’art dramatique annoncées à la fin du mois dernier.

Pour rappel, ceux-ci, ayant à élaborer une sorte de plan quinquennal des arts de la scène en statuant sur 295 demandes de contrats-programmes, avaient refusé celle de l’Arlequin, ce qui revenait à le priver de tout subside au-delà de la saison en cours. La ministre s’était rangée à l’avis de cet aréopage d’acteurs culturels, tous non liégeois et en position de s’auto-subventionner au passage, ce qu’ils n’avaient pas manqué de faire. Alda Greoli laissait bien entrevoir aux "recalés" la possibilité d’une aide à la carte, mais celle-ci était trop vague pour rassurer.

Pour trois ans, puis deux ans, puis…

Mardi, donc, fumée blanche… "La ministre a soutenu qu’elle-même ne veut pas notre mort, nous précise Serge Swysen. Elle nous a donc proposé de constituer un dossier en vue d’une convention pluriannuelle qui peut durer jusqu’à trois ans, pendant lesquels on conserve plus ou moins notre subside annuel actuel (144 000 euros). L’avantage est qu’ici, la ministre est beaucoup plus libre au niveau des critères. Après trois ans, on pourra décider de demander un renouvellement de deux ans et ensuite, refaire une demande de contrat-programme pour la nouvelle période de cinq ans".

S’il faut encore examiner tous les tenants et aboutissants, c’est en tout cas l’optimisme qui prévaut dès à présent à la rue Rutxhiel. "On va pouvoir souffler, voir notre avenir de manière plus sereine. Le système de la convention porte sur une période plus courte, mais il implique moins de contraintes, plus de liberté", ajoute le directeur.

Pour Alda Greoli, c’est la sortie d’un dilemme épineux. Remettre en cause un des 295 dossiers, c’était ouvrir la boîte de Pandore. Rester sourde aux critiques, c’était commencer sous de bien mauvais augures sa carrière politique liégeoise…