Gazette de Liége

On s’en souvient encore comme si c’était hier et pourtant, cela date déjà de plus de quatre années. Mais depuis l’inauguration en grandes pompes de la gare TGV des Guillemins due à l’architecte espagnol Santiago Calatrava, le moins que l’on puisse écrire est que le développement du quartier se fait attendre. Ceux qui mettaient en avant l’effet d’entraînement a priori indéniable d’une telle infrastructure et qui promettaient au quartier de la gare TGV un important boom immobilier doivent sans nul doute en être pour leurs frais. Car force est de constater, plus de quatre ans plus tard, que le renouveau tant attendu n’est pas - encore - à l’ordre du jour et que malgré divers aménagements, les Guillemins peinent à retrouver une image attirante.

Soyons tout d’abord de bon compte : malgré un démarrage tardif, plus d’un an après celui initialement fixé (et ce en raison de bisbrouilles entre la Ville et la SNCB), le chantier de réaménagement des voiries aux alentours de la gare a avancé bon train et il est désormais entré dans sa dernière phase. Voisin de celui des quais de Meuse qui est quant à lui placé sous la houlette du Service public de Wallonie et qui doit se clôturer en fin d’année, il doit contribuer à faire évoluer considérablement la mobilité dans le quartier.

Le second point positif est constitué par les travaux de construction de la nouvelle tour des Finances, en cours depuis le printemps 2012 et qui font toujours pour rappel l’objet d’un recours en annulation au Conseil d’État (voir à cet égard le commentaire ci-contre). Si l’érection de cette tour haute de près de 120 mètres au bout de la future esplanade des Guillemins ne plaît pas à tous, force est en tout cas de constater que le promoteur, soit la société Fedimmo, avance bon train.

À noter encore, et ce toujours concernant la société Fedimmo, le lancement récent par cette dernière et en partenariat avec les autorités communales et régionales d’un appel international à projets en vue de l’aménagement d’un "écoquartier d’affaires" sur l’importante parcelle de quelque 12500 m2 dont elle est propriétaire. Si la procédure semble ravir tant la Ville que la Région, elle sera longue et les premiers bureaux et logements ne devraient donc pas sortir de terre avant 2017, date de l’arrivée du tram.

Du neuf, par contre, semble se profiler sur les terrains qui ne sont ni la propriété de Fedimmo ni celle de la SNCB et compris dans le périmètre de remembrement urbain du quartier. À savoir notamment ceux appartenant au groupe Circus, actif essentiellement dans la gestion de salles de jeux dont celle située précisément sur la place des Guillemins face à l’ancienne gare. Ainsi que le révélait "La Meuse" à l’automne 2012, le groupe a déposé un important projet immobilier qui concerne le front bâti allant de l’hôtel Husa de la Couronne au restaurant "Le duc d’Anjou" sis rue des Guillemins. Ce projet consiste donc à raser plusieurs bâtiments acquis progressivement par Circus et de les remplacer par un vaste ensemble immobilier qui porte sur environ 5000 m2. Si l’administrateur-délégué du groupe Jean-Marie Léonard s’est voulu très peu disert quant au contenu du projet, on sait déjà qu’il sera question d’y créer plusieurs appart-hôtels ainsi que des commerces et des bureaux. Si la fonction logement avait été quelque peu oubliée, il semble que la Ville, laquelle vient de rendre un avis favorable sur le projet, ait insisté sur ce volet. Le fonctionnaire-délégué régional est associé aux discussions qui sont toujours en cours et qui devraient se clôturer d’ici fin du mois avec une demande de permis faite début février.Bruno Boutsen