Gazette de Liége

Le pédagogue et son expert. Sobre technicité, mercredi, en l'ancienne Halle aux Viandes, de la part de Michel Firket, flanqué de l'architecte Daniel Dethier. Mise au point de l'échevin CDH de l'Urbanisme : "Tiré au cordeau, le boulevard aquarellé de l'auteur de la gare, c'est une simple vision. Il n'y a qu'un projet, celui-ci. Si on en sort, on n'a pas les fonds européens". Le confrère liégeois de Calatrava nuance : "La gare, c'est un totem. Il faut bien sûr la mettre en évidence. Nous le faisons".

Un trapèze piéton

Un premier permis d'urbanisme a été délivré dès décembre 2004. Mais Euro-Liège TGV a pris du retard. L'aménagement ne sera possible qu'après l'inauguration du monument ferroviaire - à l'été 2009 -, quand son chantier n'empiétera plus. Michel Firket continue : on a ainsi pu peaufiner le plan Dethier, désormais lié à un budget de 8,7 millions d'euros, dont 40 pc de fonds européens Feder. Donc, nouvelle demande de permis, déposée ce 22 octobre, ouvrant à enquête publique. Si la Région wallonne approuve, travaux de la nouvelle place à partir du troisième trimestre 2009.

Quelle place ? Un trapèze de 200 m de large sous la casquette, sur 200 m de profondeur se rétrécissant jusqu'au carrefour Paradis. À l'emplacement de l'actuelle gare provisoire, se situera le carrousel des taxis. Un râtelier à vélos de 60 m de long est aussi prévu. Un triple flux contournera ce trapèze, depuis la rue des Guillemins jusqu'aux rues Bovy et Varin. Une voirie automobile de transit, tout d'abord, avec rond-point reliant les rues de Sclessin, de Serbie et Paradis. Puis, parallèlement, les sites propres des TEC et leurs arrêts, désormais à moins de 60 m des sorties de la gare, au lieu des 120 m du projet antérieur. Enfin, de larges trottoirs ouvrant sur le piétonnier par deux passages protégés, de l'ampleur de ceux de la place Saint-Lambert. Conséquence : trois ultimes expropriations, pour arrondir l'angle entre la rue Paradis et l'ancienne place des Guillemins.

Quel piétonnier ? Une succession de plantations et de petits plans d'eau en longueur sur deux lignes perpendiculaires à la casquette. Des murets et des bancs. Un dégradé de dalles de béton anthracite et de pavés de grès.

Esplanade aux calendes

Et c'est tout, car l'esplanade vers la passerelle de Meuse n'est pas comprise dans le prix, qu'elle soit signée Dethier ou Calatrava. Pas d'argent public tant qu'à présent, ce qui relativise la polémique. En outre, c'est d'investisseurs privés qu'on attend les constructions nouvelles - bureaux, services et logements - à l'extérieur du losange et de son contournement. Et après constitution d'une Société de développement de Liège-Guillemins (SDLG), regroupant les propriétaires des terrains libérés ou à libérer, parmi lesquels la Ville, la SNCB, la Région et l'immobilière Fedimmo, propriétaire de la cité des Finances.

Qu'à cela ne tienne, il faut bien commencer par un bout.