Gazette de Liége Chauffage urbain, serres collectives, logements, bureaux, espaces culturels : un quartier du futur se dessine aux Acec

SmartCity, c’est un terme qu’on aime aujourd’hui invoqué, tant il représente l’idéal que demain, chaque cité souhaite atteindre. Soit une ville active, moderne, mais aussi intelligente, résiliente et donc capable de s’auto-suffire, de s’auto-régénérer. Un terme qui semble toutefois galvaudé avant d’avoir livré sa première concrétisation.

Ce vendredi pourtant, à Hertal, alors que Paola Vigano, auteur de projet, livrait le résultat de ce Master Plan prévu pour le site des Acec, on semblait bien atteindre cet idéal. Cet ancien site industriel pourrait en effet devenir le premier smart quartier de la région (du pays ?). Chauffage urbain, serres collectives, logements, des bureaux, commerces et loisirs… tout sera interconnecté.

Comme d’autres villes wallonnes, Herstal compte sur son territoire d’importantes zones devenues friches urbaines ; témoins d’un riche passé industriel- selon les chiffres, on ne compterait pas moins de 12.000 hectares de friches en Wallonie. Et lorsqu’il fut question de trouver un site adéquat, il y a une dizaine d’années pour développer un exemple du renouveau urbain, Jean-Claude Marcourt a trouvé une oreille attentive auprès de Frédéric Daerden, bourgmestre de Herstal.

La situation du site des Acec, qui occupait jadis 1.500 travailleurs, est parfaite, au nord de Liège, proche des voies de communication. Surtout, il dispose de deux richesses : "l’eau et l’énergie". "L’objectif ici est en effet de développer ici une véritable expérimentation urbaine", précise Cédric Swennen, de l’intercommunale Spi, qui a œuvré au rachat partiel du site, "un nouveau quartier de ville, où plusieurs acteurs peuvent mutualiser leurs ressources". Son nom : Green life.

Pièce maîtresse de ce dispositif : le chauffage urbain, alimenté par l’incinérateur (biomasse) d’Intradel, société de traitement des déchets toute proche. Et grâce à ce chauffage, en collaboration avec l’Université de Liège, le projet Verdir prend tout son sens. Comme l’indique Éric Haubruge, vice-recteur, "Verdir, c’est le développement d’une alimentation et d’une agriculture urbaine, avec de nouveaux outils". Un projet qui se traduit par des serres où seront cultivés des produits à haute valeur ajoutée, pour l’alimentation mais également pour l’industrie pharmaceutique.

Pas question toutefois d’en faire un quartier d’expérimentation : sur ces 27 hectares, le Master plan prévoit du logement, des zones boisées, des jardins collectifs sans oublier ce qui peut animer un quartier de vie : commerces, offre de loisirs, offre culturelle, bureaux… Le tout, traversé par une "low line", où la mobilité douce sera reine. Qui dit mieux ?