Gazette de Liége

E n 1982, les élections communales à Liège étaient caractérisées par les cartels. Les libéraux, avec Michel Foret et les sociaux-chrétiens, avec William Ancion avaient décidé de se présenter sur une même liste baptisée Union pour Liège (UPL). Les socialistes, avec le Rassemblement populaire wallon (RPW), issu du Rassemblement wallon (RW), décident, eux également, de créer un cartel : le Rassemblement des progressistes et socialistes wallons (RPSW).

Les Ecolos qui s'étaient aventurés sans complexe dans la cour des grands, emportent six sièges au conseil communal.

Les deux grands cartels se talonnent mais aucun ne peut prendre seul le pouvoir. Dès lors, Ecolo devient la pièce maîtresse dans le jeu des alliances. Au terme de longues négociations, son choix se porte sur le cartel socialiste, en échange de trois échevins sur onze. Pour la première participation des écologistes à un pouvoir en Europe, c'est un coup de maître.

Un grand débat agita le parti socialiste liégeois. Il faut savoir qu'en ce temps-là, chez les socialistes, c'était encore possible sans ingérence de la présidence du parti. Finalement, une majorité se dégagea en faveur d'un accord avec les écolos reconnus pour être nettement à gauche.

A partir de là, le système nerveux du bourgmestre PS Edouard Close et des échevins socialistes allait être mis à rude épreuve. C'est que, chez Ecolo, les décisions sont toujours prises collégialement. Lorsque dans un conseil ou un collège, les écolos votaient, ils soumettaient ensuite ce vote à leur parti. Ce qui fait que souvent, au conseil communal suivant, le vote était annulé !

Les surprises ne manquaient pas. Un jour, pour marquer son désaccord sur un problème, le conseiller écolo (depuis 1984), Alain Leens, se déculotta pendant une séance du conseil. Le conseiller en caleçon, fut expulsé manu militari.

C'était sans doute encore une première en Europe !

On ne peut pas dire que la présence des écolos ait été déterminante dans la gestion de la Ville de Liège. Mais c'était une toute première expérience (qui ne fut d'ailleurs jamais renouvelée) et les préoccupations écologiques ne pourront plus jamais être ignorées. A l'époque, on disait souvent qu'il valait mieux des écolos dans les partis qu'un parti écolo. Aujourd'hui, tous les partis font de l'écologie et Ecolo est devenu un vrai parti.