Gazette de Liége

Depuis le mois d'août 2005, cinq caméras surveillent le centre ville hutois. Pour les autorités politiques et judiciaires, les premiers résultats sont concluants. De nouvelles caméras devraient donc être installées prochainement.

Depuis la fin du mois d'août, les chances de commettre impunément une incivilité ou un accident de roulage dans le centre de Huy sont quasiment nulles. Depuis cette date en effet, la police hutoise, inspirée par son homologue britannique, a été dotée d'un réseau de vidéosurveillance urbaine, outil efficace à usages multiples dans les mains des gardiens de la paix soucieux toutefois, tout comme d'ailleurs la sénatrice-bourgmestre hutoise (PS) Anne-Marie Lizin, de se prémunir contre certaines dérives relatives à la protection de la vie privée des personnes filmées.

Résultats positifs

Trois mois après l'installation des caméras, la bourgmestre de Huy et la police locale tirent les premières conclusions.

«Les résultats sont totalement concluants» se réjouit Anne-Marie Lizin qui ajoute «Nous continuerons à en installer.» Les caméras auront d'ailleurs permis récemment de mettre fin à une tentative de suicide. A l'heure actuelle, cinq caméras, pouvant pivoter sur 360 degrés et reliées à l'hôtel de police rive droite et au commissariat rive gauche, scrutent en permanence les principaux axes de circulation menant au centre de Huy ainsi que les quartiers commerçants du Batta, de la rue Neuve, de la percée et la grand-place.

«Le principal intérêt est la surveillance de la circulation» précise la bourgmestre hutoise. «Cela permet de constater des infractions et d'agir. Les images sont ensuite conservées sur support numérique» explique-t-elle. Ces images conservées pendant sept jours pourront d'ailleurs être utilisées comme preuves lors d'éventuels procès.

Les incivilités et les troubles de l'ordre public retiennent également l'attention des caméras de la police de Huy et notamment près des cafés de jeunes de la grand-place. «Cela nous permet aussi de nous adapter aux grands événements» explique le commissaire Collinet.

Orienter la police

Ces grands événements sont le Tour de France ou la Saint-Nicolas des étudiants à la suite de laquelle une jeune fille a porté plainte pour un viol commis dans les rues du vieux Huy, lieu dépourvu, pour le moment, de caméra.

La vidéosurveillance déplacerait-elle les problèmes? Pour le commissaire Lambert, c'est une question à ne pas négliger: «Grâce à la vidéosurveillance nous pouvons pourtant davantage orienter le service d'ordre vers ces quartiers dépourvus de caméras.»

Quant au volet éthique du système de vidéosurveillance, il tient particulièrement à coeur aux autorités policières hutoises qui soulignent: «Nous avons instauré à l'attention des dispatcheurs un code de déontologie. S'il y a une dérive constatée, il y aura des sanctions» prévient le commissaire Lambert.

© La Libre Belgique 2005