Gazette de Liége Retour sur le second débat politique RCF-La Libre de ce jeudi soir. 

Pour ou contre le nucléaire ? C’est par cette question d’actualité qu’a débuté jeudi "Le débat politique". Lequel a mis aux prises comme prévu deux poids lourds de la politique locale. À savoir Christophe Collignon (PS), député wallon et bourgmestre de Huy, ainsi que Jean-Michel Javaux (Ecolo), bourgmestre d’Amay et ancien co-président des Verts. À ces derniers, il faut ajouter Francis Leboutte, ingénieur civil de l’ULiège et fondateur du mouvement "Fin du nucléaire".

Explicitant les raisons pour lesquelles il plaide pour cela et déplorant le manque de réaction politique, il a interpellé les deux élus. "À l’exemple des villes frontalières ainsi que Liège depuis peu, comptez-vous vous engager pour la fermeture immédiate des réacteurs belges les plus vétustes dont ceux de Tihange 1 et 2 ?", a-t-il interrogé, évoquant également la nécessité de réfléchir à la reconversion des travailleurs de la centrale. Le maïeur hutois a invité chacun à rester dans son rôle en la matière, rappelant que c’est au niveau fédéral que les choses se décident en l’espèce.

"L’élément important, c’est la sécurité", a estimé Christophe Collignon. Et d’évoquer l’importance économique du secteur, lequel représente 1 600 emplois. "Faut-il arrêter le nucléaire ? Tout le monde dit oui !", a souligné Jean-Michel Javaux, faisant référence à l’horizon fixé de 2025. Déplorant en outre le fait qu’on ait louvoyé à cet égard, il a aussi insisté sur la nécessité de ne pas être mis devant le fait accompli comme cela fut le cas en ce qui concerne la fin de la sidérurgie à chaud.

Quant à la motion liégeoise, "il n’y a rien de neuf sous le soleil" pour Christophe Collignon. Épinglant "une motion politicienne", il a réfuté l’existence d’éléments nouveaux et déploré "un effet de communication". "Ma responsabilité en tant que bourgmestre est de rassurer la population", a-t-il martelé. Un objectif auquel a souscrit Jean-Michel Javaux mais en montrant sa divergence avec son collègue hutois. Et de mettre en évidence le fait que "s’il arrive un incident à Tihange 2, cela va rapidement partir en cacahuète".

Outre le sujet du nucléaire qui continue donc de diviser, un autre dossier supracommunal a été évoqué. À savoir l’avenir du CHR de Huy, jugé complémentaire aux grands hôpitaux ("1 200 personnes y travaillent et cela dessert toute une région") et inscrivant le débat dans un contexte financier difficile ("il n’y a pratiquement pas eu de coupe dans le personnel" et "les communes de l’arrondissement se sont liées"). "On s’est rendu compte qu’il risquait de ne plus y avoir de médecin à Amay en 2027", a mis en garde son bourgmestre.

"Faire émerger un pôle entre Liège et Namur"

Actualité oblige, Jean-Michel Javaux a été interrogé sur le lancement du nouveau mouvement politique E-change. Voulu pluraliste, il est conçu par ce dernier comme "une plate-forme de temps long". "Je reste membre d’Ecolo et je serai candidat aux prochaines élections communales", a affirmé le principal intéressé. Réfutant toute contradiction avec la démocratie participative prônée par son parti, il a souligné la volonté qui est la sienne de "repolitiser le débat et ramener en politique un maximum d’acteurs". Concernant son bilan communal, lui qui est arrivé à la tête d’Amay en 2006 et qui brigue un troisième mandat consécutif, Jean-Michel Javaux a mis en avant une gestion rigoureuse, la commune étant sous plan de gestion imposé par la Région. Un autre motif de satisfaction pour lui a trait selon ses dires au "travail que l’on peut faire avec les communes voisines" et au fait d’avoir pu "allier écologie et politique sociale, au travers de différents projets de logement et autres.

D’Amay d’où Christophe Collignon est arrivé en 2010, barré qu’il était par ce dernier, à Huy, il n’y a qu’un pas et également la même ambition supracommunale. Selon son bourgmestre, "un véritable plan de ville est en train de se construire", et ce à plusieurs égards. Au sujet de l’ère Lizin désormais révolue, le maïeur actuel a estimé qu’"elle a contribué à faire exister Huy sur la carte régionale". S’inscrivant en l’espèce dans ses traces, ce dernier a affirmé son ambition de "faire émerger un pôle entre Liège et Namur" et de ne pas se contenter d’être "un sous-bassin" ne disposant plus des services nécessaires. En ce qui concerne les dossiers urbanistiques, nombreux à sortir de terre actuellement, Christophe Collignon en a listé plusieurs et a souligné sa volonté d’étendre et de faire grandir le centre-ville. Lequel est toutefois confronté comme d’autres à des difficultés, notamment en termes commerciaux, ce qui n’a pas empêché si l’on en croit ses dires de diminuer le taux d’inoccupation des commerces de 20 %. Enfin, au sujet du téléphérique hutois endommagé par un accident en 2012, Huy a fait selon son bourgmestre d’une difficulté une opportunité et a pu mettre sur pied "un véritable master plan touristique".


Les déclarations rapportées dans cet article ont été recueillies au cours de l’émission "Le débat politique" réalisée jeudi en partenariat par RCF Liège et La Libre Belgique/Gazette de Liége. L’émission sera rediffusée ce samedi à 13h15 et dimanche à 18h15. RCF Liège se reçoit sur 93.8 FM en région liégeoise. On peut aussi écouter ou podcaster via http://rcf.be/liege-cat/rcf-liege-la-libre-le-debat-politique.