Gazette de Liége Bilans 2017, premier volet. Condroz et Hesbaye en manque de leaders.

Fin juillet, Christophe Lacroix quittait le gouvernement wallon, victime avec les autres ministres socialistes de l’opération Lutgen (CDH) de renversement des alliances. Le Wanzois a trouvé à se consoler (partiellement) avec le maïorat de sa commune et la présidence du groupe PS au Sénat. Mais pour l’ensemble de l’arrondissement de Huy-Waremme, la situation est symptomatique : il ne compte, depuis, plus aucun ministre ni fédéral, ni régional, ni communautaire.

Ce déficit d’influence dans les exécutifs est corrélable à un autre, en interne, à savoir l’absence d’une ou deux grandes figures qui, à la manière d’un Demeyer et d’un Marcourt ou même d’un Jeholet, se trouvent en proue de leur région et sont identifiés à la défense de ses intérêts. Le principal, voire le seul candidat à cette position, Christophe Collignon, est certes pleinement maître à Huy, mais il a subi une deminutio capitis en cédant la présidence du groupe socialiste au Parlement wallon à l’ex-ministre Pierre-Yves Dermagne, lui aussi privé de son maroquin par la volte-face humaniste. Même si le successeur d’Alexis Housiaux va répétant qu’il était demandeur d’un recentrement sur son travail de député et sur sa ville à l’approche de l’échéance électorale 2018, il ne peut plus se faire entendre de la même manière.

La panne de leadership se reflète dans le dernier baromètre politique TNS Kantar publié par "La Libre Belgique" et ses partenaires : on n’y trouve aucun représentant de l’arrondissement parmi les vingt politiciens au plus grand potentiel de vote en Wallonie. Liège et Verviers (arrondissements) en comptent respectivement deux et un.

La chute de Serge Manzato

Vivre caché pour vivre heureux ? De fait, le positif de cette discrétion peut être une tranquillité, une stabilité politique globale, même s’il se trouve quand même, ici comme ailleurs, l’une ou l’autre communes à remous (Remicourt en particulier).

Les affaires Publifin-Nethys, surtout, ont fait moins de dégâts au sein des décideurs que ce n’est le cas dans la capitale de la province et son agglomération. Un gros couteau, tout de même, s’est retrouvé sur la charrette : Serge Manzato, bourgmestre d’Engis. Invité à rembourser la coquette somme de 41 000 euros pour un taux d’absence de 90 % dans les comités de secteur, il a aussi perdu dans la bataille, dès janvier dernier, son poste de président de la fédération du PS de l’arrondissement.

Le vice-président Marc Foccroulle l’a promptement remplacé, annonçant d’entrée de jeu le réexamen de tous les mandats des membres du PS, avant de se faire élire en mai, comme seul candidat avec 57,15 % des voix. A noter que ce Braivois a évolué dans un nombre impressionnant de cabinets socialistes, ce qui lui donne accès à un large réseau. Peu après son élection, sa fédération avec celle de Charleroi se sont prononcées à l’unanimité en faveur d’un décumul intégral entre les fonctions de bourgmestre, d’échevin ou de président de CPAS et un mandat parlementaire.

Le bourgmestre de Waremme Jacques Chabot ne s’est pas senti très concerné, lui qui a repris en novembre le chemin du Parlement fédéral comme deuxième suppléant sur la liste PS, suite à la démission de Willy Demeyer et au décès de Linda Musin. Ainsi les bourgmestres des deux chefs-lieux sont-ils présents à l’échelon législatif, ce qui est justement sujet à chauds débats.

Hors du PS, les donnes n’ont guère changé. Georges Pire n’est plus l’homme fort du MR et le président d’arrondissement Luc Gustin ne peut même pas rêver d’avoir jamais le bras aussi long. Le CDH n’a pas de quoi pavoiser, n’ayant plus aucun élu régional ou fédéral depuis la défaite de Joseph George, poussé en 2014 à se présenter au Parlement wallon alors qu’il sortait de la Chambre des représentants. On notera quand même, du côté d’Ecolo, la montée en notoriété de Marc Hody grâce à son action en tant qu’administrateur de Publifin.

Côté supracommunalité, enfin, la Conférence des élus Meuse-Condroz-Hesbaye ne s’est pas signalée par une activité débordante. Le dernier communiqué sur son site, relatif à sa contribution à la réforme des maisons du tourisme lancée par le ministre Collin, est daté de novembre… 2016.

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