Gazette de Liége Chronique

Jusqu’au 16 février prochain, se tient une exposition remarquable dans la salle des Pas Perdus du palais de Justice de Bruxelles : "Lawyers without Rights" ou, en français dans le texte, "Avocats sans droits", accessible au public les jours ouvrables de 8h30 à 17h. Dans une des vitrines de l’exposition figure un "Juste parmi les Nations". Il s’agit d’un avocat liégeois, Max-Albert Van den Berg, qui mourut en déportation en 1945 pour avoir organisé le sauvetage de plus de 400 enfants juifs. Né à Liège en 1890, décédé en 1945, Max-Albert Van den Berg était docteur en droit, licencié en notariat et avocat à la cour d’appel de Liège, invalide de guerre et croix de feu en 1918. C’est dès l’entre-deux-guerres qu’il fut, notamment, administrateur-délégué des colonies scolaires catholiques pour l’évêque de Liège, Mgr Kerkhofs. Il aura fallu 65 ans pour qu’un monument soit érigé à la mémoire de Max-Albert Van den Berg à qui, en 1998, l’État d’Israël avait décerné sa plus haute distinction, celle de "Juste parmi les nations".

L’inauguration d’une stèle à sa mémoire s’est déroulée dans le quartier du Laveu, là où un passage portait déjà son nom. La cérémonie s’est déroulée en présence de Son Excellence Tamar Samash, ambassadeur d’Israël, du bourgmestre de Liège Willy Demeyer et du consul d’Israël à Liège Jacques Lipszyc. C’est à l’initiative du foyer culturel juif de Liège, présidé par l’avocat Guy Wolf, qu’a été érigée cette stèle signée du sculpteur Halinka Jakubowska. Des personnes qui ont fait partie des enfants sauvés par le réseau d’Albert Van den Berg donnaient à cette manifestation une dimension extrêmement émouvante.

À Liège, dès le début des déportations, le clergé, Mgr Kerkhofs en tête, a organisé très activement le sauvetage des enfants et des adultes. L’évêque de Liège prit diverses initiatives pour protéger les juifs de la déportation. Il hébergea chez lui le grand rabbin Solomon Ullmann et cacha le rabbin de Liège et sa famille dans un couvent. Avec l’aide de l’homme d’affaires et avocat liégeois Albert Van den Berg, un véritable réseau fut mis en place au sein des infrastructures. Au printemps 1943, ce dernier et le secrétaire Pierre Coune sont dénoncés et arrêtés par la Gestapo parce qu’"ils avaient accepté dans les maisons d’enfants qui étaient sous leur direction des enfants juifs et les ont soustraits aux mesures contre les Juifs". Ils sont envoyés dans le camp de concentration de Neuengamme, près d’Hambourg. Albert Van den Berg n’en reviendra pas et Pierre Coune meurt à son retour. Leur arrestation n’empêchera cependant pas le réseau de continuer à fonctionner grâce à un autre Liégeois, Georges Fonsny, et plusieurs collaborateurs.