Il est l’avocat du blues

Isabelle Lemaire Publié le - Mis à jour le

Gazette de Liége

Dans son métier d’avocat, le Liégeois Jean-Paul Brilmaker commençait à avoir le blues. Sa carrière au barreau, entamée en 1975, l’avait amené à représenter notamment les intérêts de la Ligue des droits de l’homme. Il avait aussi fondé le collectif Droits des pauvres et des étrangers. Et puis, son goût immodéré pour le blues l’a rattrapé. "J’ai arrêté mes activités d’avocats le 1er janvier 2011 et décidé d’ouvrir une boîte de blues, dit-il. Six mois auparavant, j’avais trouvé un lieu à Liège mais un mois avant l’ouverture programmée, mon partenaire dans l’aventure a choisi de cesser sa collaboration."

La tuile Mais il en faut plus pour freiner les ardeurs de Jean-Paul Brilmaker. "Pendant un an et demi, j’ai organisé des concerts de blues dans différentes salles : à Droixhe et au Hangar dans le quartier de Saint-Léonard. Le public suivait mais je voulais un lieu à moi, ouvert tous les jours et qui proposerait des concerts et des jams. J’ai continué à prospecter jusqu’à ce que je trouve ce que je cherchais."

L’ex-avocat dégotte un endroit en Outremeuse, l’ancien restaurant le Lion dodu situé au numéro 37 de la rue Surlet, qui est rapidement reconverti en club et rebaptisé Blues-sphere bar. La salle, aux lumières tamisées, à la déco épurée et à l’atmosphère plutôt cosy, sera inaugurée officiellement le vendredi 14 septembre. "Nous y avons déjà organisé des soirées jam sessions pendant les fêtes du 15 août et un week-end en musique ces 7 et 8 septembre. Dès le lancement vendredi, le public pourra en semaine, dès 17h30, boire un verre en écoutant du blues (parfois en live avec un musicien en set acoustique). Chaque vendredi, ce sera une jam avec des musiciens locaux et le samedi, place aux concerts avec une entrée à prix démocratique."

La programmation mêlera musiciens belges mais aussi étrangers. "La scène blues est très vivante et j’ai envie d’aider de jeunes groupes", souligne Jean-Paul Brilmaker. Le public attendu est à la fois composé de connaisseurs et de jeunes amateurs. "Il y a un regain d’intérêt pour le blues auprès des jeunes générations. On a également un public eurégional qui se déplace pour venir aux concerts."

Reste que ce pari de plaquer une carrière d’avocat bien installé pour tenir une boîte de blues est assez risqué. "J’ai beaucoup de foi en l’avenir. Il en faut à notre époque", assure Jean-Paul Brilmaker en souriant. "Cette boîte, c’est un concept que je pense unique à Liège. J’ai un noyau de fidèles qui me suit dans les concerts que j’organise alors, j’espère bien que ça va marcher."

www.blues-sphere.com

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