Gazette de Liége

Il s’agit d’un moment historique qui préfigure un changement de mentalité". C’est ainsi, non sans emphase, que Lino Polegato, président du comité des riverains de la gare des Guillemins, a ouvert la réunion qu’il a tenue ce jeudi avec quatre autres associations, parmi lesquelles urbAgora de l’inévitable François Schreuer et RespirO, une nouvelle ASBL fondée par la conseillère communale Écolo Veronica Cremasco. Le but est d’avoir une "réflexion conjointe sur la problématique du quartier des Guillemins" qui fait actuellement l’objet d’un projet urbanistique de grande ampleur dont la manifestation la plus visible consiste bien entendu en la nouvelle gare TGV.

"Notre but est d’amener le débat sur la place publique afin que les citoyens soient partie prenante au dossier, ce qui n’est pas le cas actuellement", explique Lino Polegato. Une préoccupation que rejoint également le président du comité de quartier Fragnée-Blonden, Gérard Debraz, qui insiste sur la "nécessité pour les riverains de disposer d’informations claires et fiables, notamment en ce qui concerne les expropriations". Ce problème, "sorte d’épée de Damoclès au-dessus de la tête des riverains", fut au centre des discussions, d’autant plus que, contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps, on parle désormais d’une soixantaine d’expropriations supplémentaires qui concerneraient la rue Paradis.

"C’est symptomatique de la gestion de ce dossier, lance François Schreuer, on ne sait pas précisément où on va". Pour ce dernier, "il n’y a pas de pilote dans ce dossier, la Ville étant dépassée par le PRU (NDLR: périmètre de remembrement urbain) qui place la Région dans un rôle de pilotage ainsi que par la spéculation immobilière très forte dans le quartier". Cela sans compter la SNCB qui, via EuroLiègeTGV, est bien entendu partie prenante au dossier, en témoigne selon Veronica Cremasco "la décision de départ de déplacer la gare, ce qui a conditionné ce dernier". L’ASBL que celle-ci représentait et qui s’assigne une mission d’objectivation entend "amener des éléments de réflexion amenés par des professionnels et remettre les choses dans leur contexte". Du côté de l’association des commerçants de la rue des Guillemins, son président Julien Timmermans déplore l’"absence de vision globale du dossier" et dénonce même certaines incohérences, comme "cette dalle de béton, posée au milieu de la rue et censée accueillir le tram, qui se révèle désormais trop légère pour cela".B.B.