Gazette de Liége

Etrange vision nocturne que ces gens qui s'engouffrent dans les entrailles de la cité, sous la haute silhouette de la piste de luge. Pour son 4e anniversaire, l'Archéoforum, propriété régionale, a fait le point, jeudi soir, sur le devenir du Tivoli, ultime terrain vague vers la place du Marché. Au nom de la Ville, propriétaire de l'îlot, l'échevin CDH de l'Urbanisme veut "un bâtiment en hauteur, à destination culturelle et publique, qui permettra aux Liégeois de continuer à s'approprier le site". Le rez-de-chaussée sera donc creux, continue Michel Firket : "Une grande halle de marchés, traversable par les piétons, avec espaces d'animations et, si c'est possible, des supports pour structures scéniques amovibles".

Nouvelles fouilles

Outre une Maison du tourisme unifiant Ville et Province, l'immeuble abritera, au sommet, un café-restaurant panoramique. Il faut, dit-il, ériger une "oeuvre d'architecture", avec mise en valeur des vestiges mis au jour. D'où un concours international, fin 2008. L'archéologue Marcel Otte, professeur à l'ULg, avertit : pour les fondations, il faut savoir que ces vestiges affleurent littéralement, dont une crypte, et que, vers le Perron, rien n'a encore été étudié, là où dorment les bases des chevets des cathédrales successives : "Il faut tenir compte des erreurs du passé. Les fouilles ne peuvent commencer trois mois avant les travaux".

Mais qui payera l'addition du Tivoli, outre la municipalité, si corsetée dans ses budgets ? "Nous solliciterons le mécénat d'entreprises privées", répond Michel Firket, en sus de subsides publics.

Polémique en vue

Suggestion du tac au tac de Freddy Joris, administrateur général de l'Institut du patrimoine wallon (IPW) : "Installez au Tivoli le nouvel accès principal et l'administration de notre Archéoforum, étendu aux nouvelles découvertes. La Région y sera sensible".

Pas tombé dans l'oreille d'un sourd.

Restent les Liégeois, citoyens ou associations de sauvegarde. La grande perspective, de l'Opéra à Féronstrée, conserve nombre de partisans. Et voilà que la polémique risque de rejouer encore le martyre de saint Lambert.

L'échevin ne se dit pas favorable à une consultation populaire sur la fermeture de la place : "Les élus sont là pour prendre leurs responsabilités".