Gazette de Liége Entretien

Après le bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS), samedi dernier, c’est à présent le premier échevin Michel Firket (CDH), en charge de l’Urbanisme, de l’Environnement, du Tourisme et du Développement durable, qui se livre pour la "Gazette" à un tour d’horizon des dossiers de la rentrée.

Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur pour les deux dernières années de la mandature ?

Le choix est difficile. La compétence de l’urbanisme me mettant au centre des dossiers liégeois importants, je peux les citer tous. Je mettrais l’accent sur deux d’entre eux : le réaménagement du quartier du Cadran et de la gare du Palais, qu’on peaufine actuellement avec les auteurs de projets, et l’éco-quartier au Sart Tilman, pour lequel nous sommes en procédure d’attribution et qui concernera environ 80 logements emblématiques de toute une démarche.

Vous avez donné, au printemps dernier, une large diffusion à la vision de la Ville pour le futur axe Guillemins-Médiacité. Avec quels résultats ?

L’accueil a été excellent, tant lors de la journée d’exposition qu’après la diffusion de la plaquette. Je n’ai reçu aucun courrier hostile à ce plan. Mais cela reste un dossier difficile parce que la SNCB n’accepte pas que le processus légal et démocratique ait abouti à un projet qui n’est pas le sien. Est-elle en droit de tout arrêter parce qu’on ne respecte pas une pelouse qui a été conçue avec elle comme provisoire, pour l’inauguration ? J’invite instamment la SNCB à travailler avec nous dans le sens de l’intérêt collectif.

Sur le tram, le ministre wallon de la Mobilité Philippe Henry a annoncé une procédure de consultation…

Il faut réaliser le tram le plus vite possible et en tout cas pour l’Exposition 2017. Relancer une phase de concertation, ce n’est pas faire progresser un dossier qui n’a plus bougé depuis un an et demi. La Conférence des échevins de l’Urbanisme s’était mise d’accord sur un plan et le ministre Antoine avait décidé. Tout cela existe depuis un an et demi et on parle de se concerter encore. Je souhaiterais que cela avance autrement.

Il faut aussi un intérêt de la part du privé.

Il appartient à la SRWT et au ministre de tutelle de trouver la bonne formule de financement. Je n’ai pas les moyens de forcer l’expertise, mais je constate que depuis un an et demi, elle n’est même pas amorcée.

Qu’attendez-vous du Groupe de redéploiement économique (GRE) “rénové” ?

Qu’il soit une force d’innovation et d’impulsion. Pas seulement un opérateur pour quelques opérations ponctuelles, mais un opérateur pour les grands choix, économiquement et politiquement.

Pour la ville ou pour la province ?

Le champ d’action privilégié du GRE, c’est l’arrondissement de Liège, avec une ouverture à la province pour sa dimension au plan international.

Comment le CDH de Liège digère-t-il ses résultats décevants aux élections fédérales de juin dernier ?

Il se remet en question. Nous avons des mandataires et des ministres qui font un travail excellent, comme Melchior Wathelet et Marie-Dominique Simonet, et malgré ces atouts politiques, nous nous sommes tassés, tout en conservant quand même nos deux sièges. Pourquoi, comment ? La question se pose à tous les étages. Octobre 2012 est proche et nous savons qu’avoir un bon bilan et de bons échevins, ce n’est pas suffisant. Il faut crédibiliser notre liste avec des gens qui ont un rayonnement et sont convaincus par la voie centriste, par la nécessité de rechercher l’harmonie et l’équilibre. Les autres partis font aussi du centrisme, mais sans le dire.

Vous vous êtes déjà prononcé en faveur d’une reconduction de la majorité communale actuelle. N’est-ce pas renforcer l’image d’un CDH “scotché au PS” ?

Nous ne sommes pas une majorité où il n’y a jamais de discussions ni de heurts, mais elle fonctionne bien. Nos opposants n’ont d’ailleurs qu’un souci : ils veulent tous prendre notre place. Tout le monde considère qu’à Liège, le PS est incontournable.