Gazette de Liége

Un portrait attire parfois l'attention dans des ouvrages traitant, notamment, du Grand Séminaire de Liège. C'est celui du vicaire général du prince-évêque, Ernest de Bavière, Jean de Chapeaville (on prononce Chapeauville). L'homme n'a vraiment pas l'air commode. Lèvres pincées, regard soupçonneux, rides révélatrices d'un esprit préoccupé, et pour couronner le tout, si l'on peut dire, une barrette ecclésiastique perchée sur le sommet d'un crâne que l'on devine plutôt dégarni. Il est tel que l'a représenté le burin de Jean Valdor l'Aîné, en 1617.

Pourtant, l'histoire de Liège doit énormément à cet homme né en 1551, mort en 1617. Sa personnalité est étroitement liée au Grand Séminaire de Liège dont il fut le premier directeur et même le superintendant. C'est son travail d'historiographe qui, aujourd'hui, nous le fait redécouvrir à travers un livre qui vient d'être publié par l'Académie Royale de Belgique. L'auteur est René Hoven, docteur en Philosophie et Lettres de l'ULg. «Contribution à l'historiographie liégeoise», est une étude critique des textes latins écrits par Jean Chapeaville et ses amis, avec traduction française et notes philologiques. On doit à Jacques Stiennon une introduction et des annotations historiques aussi érudites, qu'élégamment plaisantes.

Le livre fourmille de renseignements sur l'histoire des mentalités de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle. Chapeaville a fait un travail de fourmi, pour rassembler, reconstituer des documents parmi lesquels des manuscrits souvent autographes, pour raconter, notamment l'histoire des évêques de Liège jusqu'à Ernest de Bavière ainsi qu'un traité sur Julienne de Cornillon.

Heureusement qu'il y a aujourd'hui encore des gens qui ont appris le latin à l'école pour rendre accessible les écrits du passé!«Jean Chapeaville (1551-1617) et ses amis - Contribution à l'historiographie liégeoise» par René Hoven - Edition : Académie Royale de Belgique - Collection des Anciens auteurs belges - 265 pages - 27 €

© La Libre Belgique 2005