Gazette de Liége

"Je suis parti quinze jours au Bangladesh en décembre 2011 avec un ami membre de la fondation Damien. Nous avons visité les dispensaires de la fondation à vélo. J’ai bien sûr vu des malades mais aussi que des personnes vivaient dans la misère dans les villages", se souvient Jean-Pierre Jenet.

"Les maisons dans lesquelles vivent les Bangladais sont souvent mal isolées et ne résistent pas aux intempéries. Elles ne peuvent pas offrir une condition de vie acceptable", poursuit cet habitant du petit village de Haneffe (Donceel). En juin 2012, l’ancien militaire à la retraite de 62 ans retourne dans la région de Mymensingh avec son sac à dos. "J’avais en projet d’améliorer la vie des habitants. J’ai contacté les frères de Taizé qui m’ont logé et j’ai visité avec eux les villages, raconte-t-il. J’avais pris avec moi un peu d’argent de poche avec lequel j’ai pu construire deux maisons. J’y suis resté un mois." "Quand je suis rentré, j’ai épargné à nouveau de l’argent. J’y suis alors retourné en octobre 2012 et là, j’ai construit trois maisons qui coûtaient à l’époque 800 euros chacune." Il s’agit de maisons d’une pièce avec des murs en brique, un toit en tôle pliée, deux fenêtres ainsi qu’une fondation en béton de 60 centimètres "en cas d’inondations". "J’aide les familles qui n’ont pas accès à des microcrédits, qui ne gagnent que 15 euros par mois au lieu des 60 euros nécessaires."

En 2015, il finit par créer l’ASBL Banglaboost, sur l’idée d’un juriste et habitant du village. Il mobilise depuis l’ensemble de son village - mais pas seulement - en vue de récolter des fonds qui permettront de construire davantage de maisons. "J’organise deux soupers par an, je participe aussi à trois marchés aux puces, ou encore au marché de Noël du village où je vends des produits du Bangladesh…", précise celui qui reçoit aujourd’hui l’aide d’une quinzaine de bénévoles. Depuis 2016, "on a réussi à obtenir la déduction fiscale pour les donateurs, pour les montants qui vont au-delà de 40 euros". A noter que chaque année, la commune d’Haneffe fait don de 500 euros à l’ASBL.

Quatorze maisons construites en 2017

Grâce aux dons récoltés, l’ASBL a ainsi permis de construire quatorze maisons au Bangladesh, en 2017. Et depuis 2018, "on a déjà construit deux maisons en janvier, trois en mars, une en avril, et huit à neuf maisons supplémentaires verront le jour en octobre-novembre". L’homme prévoit déjà de repartir sur le terrain pour trois mois en septembre afin de poursuivre le projet.

Les maisons sont construites "par deux équipes de maçons et de charpentiers", explique le volontaire. "Ce sont des locaux qui me suivent sur place, là où je veux aller." Habituellement, douze jours sont nécessaires pour réaliser le travail. "Nous faisons deux maisons à la fois." Désormais, "on réalise des maisons plus grandes pour 1 200 euros chacune", toutes équipées de panneaux solaires pour éclairer la pièce. Quand il n’est pas sur place, c’est son jeune associé Bengladi qui se charge de réaliser les travaux. "J’aimerais qu’à l’avenir, s’il devait m’arriver quelque chose, que l’ASBL puisse continuer sans moi", confie celui qui s’est également investi dans la construction d’ateliers de tissage pour "deux jeunes filles sourdes et muettes", et depuis deux ans, la scolarisation d’enfants via un système de parrainage depuis la Belgique.


Pour réaliser un don : BE95 3631 4732 5458. Plus d’infos sur www.banglaboost.org.