Gazette de Liége Eclairage

Ce mercredi à minuit, prenait fin la consultation préalable à l’étude d’incidences relative au projet de tram liégeois, laquelle avait débuté fin mai dernier. Une première séance d’information publique, tenue au Palais des Congrès, avait permis à un public clairsemé mais intéressé de prendre connaissance, "avec un degré de précision relativement important", du tracé complet de l’axe 1 du tram. Soit précisément celui qui fait l’objet de l’étude d’incidences. À ce stade, seul le tronçon central doit faire l’objet d’une demande de permis. Si l’enquête publique aura lieu début 2013, la "Gazette" fait le point sur les recommandations des uns et des autres après cette première consultation.

1Financement et supracommunalité Que comprend au juste le budget de 360 millions d’euros débloqué par le gouvernement wallon pour réaliser le tronçon central de l’axe 1 ? Cette question est posée avec insistance par le MR. "Quelle est la ventilation prévue de ce budget ? Les parkings-relais, l’aménagement des voiries et la requalification de l’espace public façade par façade telle que prévue sont-ils compris ?", se demande Diana Nikolic. Du côté Ecolo, Bénédicte Heindrichs se réjouit de l’obtention par le ministre Henry du "meilleur accord possible à ce moment", regrettant tout de même qu’"on perd 50 % du tracé pour économiser 25 % du budget". Elle insiste aussi sur la nécessité de pouvoir financer le tracé complet et d’inscrire le tram dans une vision de la mobilité à l’échelle de l’agglomération. Et d’ainsi inviter "son" ministre à sortir au plus vite les conclusions du Plan urbain de mobilité (Pum) sans lequel, estime-t-elle, "le tram n’aura pas de sens".

2 Intermodalité Un constat évident et partagé est que le tram va transformer la ville et bouleverser les habitudes des uns et des autres. À cet égard, tant le MR qu’Ecolo, soit les deux partis d’opposition à Liège, estiment qu’il y a moyen de faire mieux en la matière. Et si pour la cheffe de groupe Ecolo au Conseil communal, c’est l’intégration des cyclistes et des piétons qui pose problème, la conseillère communale libérale pointe quant à elle l’impact du tram sur la circulation automobile. Ainsi, alors que Bénédicte Heindrichs plaide pour la création tant d’un "Ravel urbain de grande qualité" sur le tronçon Blonden-Pont d’Avroy que de liaisons cyclables dignes de ce nom entre le Val Benoît et la place Général Leman, Diana Nikolic s’inquiète quant à elle de la création de "points noirs", en termes de circulation, à différents endroits du centre-ville. Elle déplore également un manque d’information sur l’interconnexion réelle avec les bus au niveau des pôles d’échange existants tout au long du parcours. Et de plaider pour "une modélisation de l’impact du tram sur la circulation automobile et La mobilité en général".

3 Tracé S’il est un tronçon qui pose problème, si l’on en croit tant les riverains que les politiques, c’est celui empruntant le parc d’Avroy où près de 700 arbres remarquables devraient être supprimés. Or, dit-on, le passage du tram pourrait être l’occasion de repenser l’aménagement de ce parc (lire ci-dessus). Autre endroit, autre souci : le passage du tram place Général Leman et la création d’un pôle d’échange à cet endroit pourraient faire du tort aux commerçants. Enfin, "un déséquilibre rive droite-rive gauche" est encore évoqué par le MR qui rejoint en l’espèce l’ASBL urbAgora, laquelle a pour rappel demandé l’étude de deux variantes, dont l’une via le quartier d’Outremeuse, dans le cadre de l’étude d’incidences.