Gazette de Liége

Le week-end des 12 et 13 septembre prochains, les 21e "Journées du patrimoine" auront lieu partout en Wallonie sur le thème de "Patrimoine et modernité : du 20e siècle au troisième millénaire". Un thème qui n’a certainement pas été choisi au hasard En effet, moins d’une semaine plus tard, la nouvelle gare des Guillemins, imaginée par l’architecte espagnol Santiago Calatrava sera inaugurée en plein cœur de la Cité ardente. Dans un mois presque jour pour jour, le vendredi 18 septembre, cet immense chantier qu’a constitué celui de la gare TGV de Liège - qui devrait conserver son appellation historique de Guillemins du nom d’un ancien ordre religieux - en sera donc à son terme, ou du moins presque

Interrogée par nos soins, Martine Doutreleau, la porte-parole d’Euro Liège TGV, filiale de la SNCB et maître d’œuvre du projet, nous renseigne sur l’état d’avancement de ce vaste chantier qui aura duré près de dix ans : "Pour l’instant, il est clair que l’on s’active beaucoup sur le chantier. C’est difficile de dire exactement combien d’ouvriers y travaillent mais nous sommes dans une phase de grande intensité qui va encore s’accroître avec l’installation des surfaces commerciales au rez-de-chaussée de la gare". Des enseignes qui doivent être fin prêtes pour l’ouverture au public de la gare TGV, dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 septembre, où le centre de voyages sera basculé de la gare provisoire à l’intérieur même de cette "cathédrale" de verre et d’acier.

À l’heure actuelle, à un peu moins d’un mois du jour J, une série de finitions restent encore à effectuer. "Parmi elles, on peut notamment citer l’achèvement de la couverture des auvents par du vitrage et celui du pavement des zones intérieures de la gare", précise ainsi Martine Doutreleau, qui rajoute à son énumération l’aménagement définitif de l’entrée principale, et ce jusqu’à l’aplomb de la casquette de la gare. "Au-delà de cela, précise encore la porte-parole d’Euro Liège TGV, on attend encore de voir comment vont se développer les abords de la gare". L’aménagement des abords de la gare des Guillemins : voilà bien un dossier sensible, au vu des intérêts divergents des différents acteurs, dont la SNCB et la Ville de Liège. La porte-parole d’Euro Liège TGV le reconnaît volontiers : "On aurait préféré que les choses aillent plus vite à ce niveau". Et de poursuivre : "On a réalisé un ouvrage de grande qualité en vue de développer un projet ferroviaire fort et d’inscrire Liège sur le réseau nord-européen". De son côté, le bourgmestre liégeois, Willy Demeyer (PS), se réjouit de l’aboutissement de ce projet qui aura coûté trois plus cher et duré trois fois plus longtemps qu’initialement prévu. "Ce qui est important, avec ce projet, c’est d’affirmer la centralité de Liège et de positionner la ville au sein de l’Euregio". Au sujet de la future place devant la gare, encore à l’état de projet, ce dernier assure qu’il n’était pas possible de débuter les travaux avant que ne se termine le chantier de la gare. Pour lui, il va désormais falloir "tenir compte de la situation financière et brider quelque peu les ambitions et les énergies de chacun".

Un autre évènement important de cette année 2009 faite d’inaugurations à Liège est celle, le 21 octobre prochain, de la Médiacité, grand pôle de commerces et de loisirs qui s’installera dans le quartier du Longdoz, de l’autre côté de la Meuse par rapport aux Guillemins, et qui doit constituer avec la nouvelle gare un nouvel axe dit de la modernité. Le chantier de ce véritable "serpent" fait de verre et d’acier que l’on doit à l’architecte israélien Ron Arad avance quant à lui tambour battant. Pour rappel, quelque 160000 m2 d’activités économiques et culturelles y sont prévues, parmi lesquelles l’installation d’un centre commercial rassemblant 125 enseignes dont plusieurs inédites en Belgique. Outre cela, le complexe en cours de finition doit aussi abriter, à l’horizon 2010, le "Pôle image" de Liège, déjà fonctionnel, le centre liégeois de la RTBF, des salles de cinéma ainsi que la nouvelle patinoire communale. À terme, ce qui représente un investissement de près de 300 millions d’euros devrait créer 1200 emplois et accueillir annuellement quelque sept millions de visiteurs. Lesquels s’y rendront, qui sait, depuis la nouvelle gare TGV.