Gazette de Liége L’école s’est bien développée jusqu’à devenir une véritable institution.

Le 28 novembre dernier, l’École d’Hôtellerie de la Ville de Liège clôturait les célébrations de son 90e anniversaire par un gala en collaboration avec les musées Curtius et Ansembourg. Après une visite des musées durant l’après-midi, un repas était organisé dans l’établissement. Créé dans l’ambiance 18e siècle, il était confectionné et réalisé par les élèves.

L’École d’Hôtellerie de la Ville de Liège étant la plus ancienne du pays dans sa catégorie, son histoire est riche. Tout débute en 1926 lorsque les dirigeants de l’Union professionnelle des garçons restaurateurs et limonadiers de Liège remarquent le manque de compétences de leurs jeunes adhérents. C’est ainsi que le 15 novembre 1927, l’école ouvre ses portes dans des locaux prêtés par la Ville de Liège place Xavier Neujean. À cette époque, les cours sont donnés uniquement durant l’après-midi.

Petit à petit les locaux deviennent trop exigus. L’école déménage donc rue Saint-Laurent pour avoir davantage d’espace. En 1931, une nouvelle cuisine dans l’école de mécanique permet aux cours pratiques de se dérouler quai du Condroz pendant cinq ans. La Ville finit par acheter l’ancien hôtel de Stockem de Heers rue Hors Château. En 1936, l’école possède enfin ses propres locaux dans cette bâtisse du 18e siècle et deux ans plus tard, les premiers élèves de cours du jour reçoivent leur diplôme. En 1980, la directrice ouvre les sections professionnelles en option hôtellerie, boulangerie-pâtisserie et boucherie-charcuterie.

L’école compte aujourd’hui 700 élèves

Avec aujourd’hui près de 700 élèves, la petite école d’alors s’est bien développée jusqu’à devenir une véritable institution "reconnue chez nous mais également à l’étranger", souligne le directeur de l’établissement Abderrahman El Bekali. Nous avons vu une véritable croissance dans les inscriptions ces dernières années, notamment à cause des médias et de toutes les émissions comme "Master Chef", "Top Chef"… De plus, nous travaillons dans un domaine qui rencontre peu de concurrence. Il y a d’ailleurs 100 % de nos étudiants sortant de boucherie qui trouvent du travail et 90 % pour ceux qui sortent d’hôtellerie".

Dans cet établissement, les enseignants essayent que la pratique soit la plus proche possible de la réalité. "Nous possédons deux restaurants didactiques en Hors Château dans lesquels nos étudiants servent et cuisinent sur le temps de midi. Tout le monde peut venir y manger pour un prix démocratique, développe le proviseur. En ce qui concerne les sections boulangerie et charcuterie, les élèves préparent et vendent des produits dans des magasins situés également en Hors Château".

Cette école communale qui voit la diversité de ses étudiants comme une richesse possède également quelques critères faisant, toujours selon son directeur, la différence par rapport aux institutions semblables. "Dans notre établissement, la première année est générale, ce qui permet aux étudiants de tester la matière puis de se réorienter si l’option qu’ils ont choisie ne leur plaît pas. De plus, nous formons à des métiers au service des autres. Cette compétence comportementale se trouve au centre de l’éducation que nous inculquons à nos étudiants. Et ce autant dans les cours pratiques que dans les cours généraux , précise Abderrahman El Bekali. N ous apprenons également à nos étudiants à se vendre sur le marché de l’emploi et à être ouverts sur le monde grâce notamment à des voyages et des stages".