Gazette de Liége

De nombreux projets d'implantations d'éoliennes ont vu le jour depuis quelques années en Wallonie. La Belgique devra porter sa part d'énergie renouvelable à 13 pc d'ici 2020. La Commission Européenne impose en effet une hausse de 5,75 pc pour chaque pays.

Dans le cadre de ces directives, de nombreux parcs d'éoliennes ont vu le jour et d'autres sont encore en préparation. La construction d'une dizaine d'éoliennes entre Crisnée et Oreye, le long de l'E40, fait partie de cette dernière catégorie. Une étude d'incidence est en cours.

Si certains projets ont été bien accueillis par la population, ce cas présent a soulevé une vague de protestations chez les riverains. "Ces éoliennes vont être implantées à proximité des maisons, entre 500 m et 1,5 km, explique Yves Lahaye, porte-parole de Vente-Contraire qui se bat contre l'implantation des éoliennes. Pourtant, l'Académie Française de médecine conseille de ne pas implanter d'éoliennes à moins d'1,5 km. Les nuisances sonores et visuelles que cela engendre ont été démontrées par de nombreuses études". Ces arguments avancés ont été directement réfutés par Luc Regout, responsable du projet pour Air Energy. "La Région wallonne recommande l'implantation à 350 m des habitations. Ici on est à environ 500-600m et le long d'une autoroute. Il est facile de trouver des enquêtes qui vont dans le sens qu'on veut".

20500 ou 2500 tonnes ?

L'implantation d'éoliennes vise en premier lieu la réduction de rejet de CO2 dans l'atmosphère. "Le réseau belge est en équilibre, explique Luc Regout, notre consommation d'énergie est fluctuante. Par exemple, il y a des pics de consommation le matin et le soir. Des centrales au gaz de régulations existent pour conserver l'équilibre. Les éoliennes participent de la même manière. Leur production varie en fonction du vent, l'énergie qu'elles produisent est consommée directement localement. Leur implantation va donc diminuer l'utilisation des centrales au gaz vu qu'elles régulent également le réseau. La présence d'éoliennes éviterait dans le cas de Crisnée le rejet de 20 500 tonnes de CO2".

Des arguments que ne partage pas Yves Lahaye : "C'est une imposture au niveau écologie, clame-t-il, nous sommes opposés au réchauffement climatique mais nous pensons que d'autres efforts sont à faire. Ces éoliennes permettront d'éviter le rejet de 2 500 tonnes de CO2, alors que le circuit de Francorchamps en rejette 8 500 tonnes sur un week-end. Ces éoliennes ne seront productives que 20 à 25 pc du temps. Entre-temps, il faudra les coupler à des centrales thermiques".

"La difficulté, conclut Luc Regout, c'est que c'est un projet d'intérêt public avec une implantation locale. Il faut bien comprendre que la campagne évolue. Crisnée a déjà changé, avec l'autoroute, le TGV. Il faut en profiter et favoriser l'implantation groupée d'infrastructures".

Marie-France Bock (St)