Gazette de Liége

La commission communale consultative Femme et Ville de Liège a organisé vendredi dernier au Grand Curtius un débat sur la prostitution. Ce workshop était animé par Wassyla Tamzali, avocate algérienne et ex-directrice à l’Unesco, et modéré par Dominique Dauby, secrétaire générale des Femmes prévoyantes socialistes (réseau Solidaris).

Selon Wassyla Tamzali, le sujet est beaucoup plus compliqué qu’on ne le pense. Pour sa part, c’est en 1986 qu’elle a commencé son combat au sein de l’Unesco afin que le sujet soit considéré comme une question politique, qu’on devrait selon elle inscrire dans le cadre de la discrimination à l’égard des femmes.

Elle a regretté le fait que les pouvoirs publics n’octroient pas davantage de moyens à la réinsertion des prostituées plutôt qu’à la lutte contre le sida. Wassyla Tamzali s’est prononcée contre la légalisation de la prostitution qu’elle considère dans toutes ses formes comme de l’esclavagisme.

Les représentants de l’association liégeoise Isatis, lesquels plaident pour la mise sur pied d’un Eros Center à Liège, n’étaient pas du même avis que cette dernière. Ils ont ainsi fait état de ce que la réglementation de la prostitution va selon eux donner la possibilité à certaines personnes de travailler afin de réaliser leur projet de vie. Une autre participante a précisé que la prostitution vient en aide à une catégorie d’hommes, tels les handicapés, ayant du mal à vivre une vie affective et sexuelle traditionnelle.

La construction d’un Eros Center alimente également la polémique au sein du Conseil communal de Liège. Les avis sont partagés au sein du PS tandis que le CDH a clairement marqué son refus. Ecolo semble y être favorable, si du moins on s’en tient au point de vue du conseiller Guy Krettels qui précise que la prostitution est légale en Belgique et que les communes se doivent de la réglementer.