La FGTB invite à mater Mittal

Yannick Gody (st.) Publié le - Mis à jour le

Gazette de Liége

En automne 2011, la direction d’ArcelorMittal a véritablement sonné le glas de la sidérurgie liégeoise en annonçant la fermeture définitive de l’essentiel de la phase à chaud. Une fermeture qui a d’ailleurs été confirmée depuis lors. Au vu des 600 emplois - au moins - en péril, Francis Gomez, président de la Fédération syndicale des métallurgistes des provinces de Liège et de Luxembourg, n’avait alors pas hésité à parler de "cataclysme social". Depuis lors, pas moins de 30000 Liégeois ont clamé leur indignation lors de manifestations, à Liège et Seraing notamment.

Mais au-delà les bannières et des slogans des manifestants, l’indignation a également nourri l’inspiration de différents artistes en région liégeoise. Réunis autour du metteur en scène Rosario Marmol Pérez et de l’activiste culturel Gérard Fourré, une multitude d’artistes issus de différentes disciplines ont décidé d’utiliser l’art pour faire vivre la contestation.

Avec l’appui de La Cible, une ASBL satellite de la FGTB qui lutte notamment contre l’extrême-droite, un appel à projets a été lancé. Son nom, pour le moins évocateur : "Harcelez Mittal". Sans équivoque, le message s’adresse à tout un chacun. "La réalité de l’oppression est la même pour tous. Nous avons donc voulu inciter tous les citoyens à s’indigner ensemble à travers l’art", explique le metteur en scène. Les artistes, qu’ils soient d’un jour ou d’une vie, ont le champ libre jusqu’au 25 septembre, à condition que leurs œuvres aient "une dimension collective, respectant les principes du développement durable et renforçant la capacité des citoyens à maîtriser leur avenir".

Cofondatrice de la plateforme artistique "Chic and Cheap", Sarah Jonet soutient le concept "Harcelez Mittal". "Les artistes participent à l’émulation collective de nos sociétés. Soutenir la création artistique, c’est leur permettre de partager leurs visions du monde et donc d’enrichir la nôtre" , affirme-t-elle.

Auteur d’un roman satirique, intitulé "L’homme qui valait 35 milliards", dans lequel le PDG d’ArcelorMittal se faisait kidnapper, Nicolas Ancion a également relayé cette initiative. "Contrairement au kidnapping de Lakshmi Mittal, l’art aura le don de changer un évènement sinistre en un échange constructif", s’amuse-t-il.

Ouvrier et photographe semi-professionnel, Dominique Bernard s’est directement senti concerné par cet appel à projets. "La recherche perpétuelle de croissance est le fléau de nos économies. Crises après crises, l’histoire se répète", juge-t-il. L’univers des charbonnages constitue sa première source d’inspiration. Grâce à une technique qu’il a mise au point lui même, Dominique Bernard parvient à imprimer ses clichés sur des plaquettes de béton. La meilleure façon d’harceler Mittal serait selon lui de développer des photos des ses usines grâce à cette technique. Pour que la plus grande richesse du bassin liégeois soit à jamais gravée dans le marbre

Publicité clickBoxBanner