Gazette de Liége

À Flémalle, tout le monde connaît la famille Koch, qui habitait dans une rue dont un côté se trouve sur le territoire de Flémalle et l’autre sur celui de Jemeppe. Mais c’est à Flémalle qu’ils avaient leurs habitudes.

Brigitte Koch est née en 1958. Après l’école de Flémalle-Grande, elle fait ses études secondaires au collège Saint-Martin de Seraing. Ensuite, c’est l’université de Liège, où elle obtient une licence en archéologie, histoire de l’art et musicologie. Déjà pendant ses études secondaires, elle fait partie d’un club de spéléologie de Jemeppe s/Meuse. "Un jour, raconte-t-elle, une phrase lors d’un cours de français m’a frappée : "Il faut vivre ses rêves et ne pas rêver sa vie". Cela a été un déclic chez moi. C’était la clef pour ouvrir la porte sur la vie que je voulais. Avant même la fin de mes études universitaires, j’ai participé à un voyage en Australie. Ce fut une découverte extraordinaire, le coup de foudre, l’espace, la montagne, le ciel, la liberté. Désormais je savais ce que je voulais faire de ma vie".

Cela d’autant plus que c’est là que Brigitte rencontre son futur mari, Jon Muir, un célèbre alpiniste australien. Ils font ensemble des escalades depuis un camp de base, c’est-à-dire une tente, dans le Mont Arapiles près de Natimuk dans le comté de Victoria. Pour financer ses escalades, Brigitte fait des vendanges et des tas de petits boulots.

C’est à Natimuk que Brigitte et son mari s’installent. "Mon but, explique-t-elle, était de grimper sur le plus haut sommet de chaque continent. J’ai lancé une petite société : "Adventure plus" qui guidait des expéditions dans les montagnes un peu partout. C’était le moyen pour moi d’avoir une chance d’atteindre l’Antarctique et l’Everest".

En 1997, après avoir vécu quatre tentatives infructueuses dont une manque de lui coûter la vie, Brigitte atteint le sommet de l’Everest avec son mari. C’est la première femme australienne à réussir cette performance (et à plus forte raison la première Wallonne). C’est aussi la première fois qu’un couple mari et femme réussissent ensemble cet exploit. Brigitte Muir-Koch est aussi la première alpiniste australienne (femme ou homme) à avoir réussi l’ascension des sept plus hauts sommets du monde : l’Everest (Asie), l’Aconcagua (Amérique du Sud), le Kilimandjaro (Afrique), le Mc Kinley (Amérique du Nord), le Vinson (Antarctique), l’Elbrouz (Europe) et la Pyramide de Carstensz (Océanie). "J’ai toujours voulu faire ce que j’avais envie de faire, souligne-t-elle. Et trouver les moyens de payer les factures en faisant ce que je voulais ! J’adore partager mon amour de la montagne et des grands espaces. J’aime me sentir aussi libre que possible dans un monde un peu trop matérialiste. On peut vivre de peu, pour autant qu’on ait de l’amour dans sa vie, sous n’importe quelle forme".

Brigitte qui n’a pas d’enfants mais qui est "Auntie B." (tante B) pour ses neveux et nièces, est aujourd’hui divorcée. Elle revient en Belgique aussi souvent qu’elle le peut. Ce qui lui manque le plus ? "La famille, bien sûr. J’aime la balade de chez mon frère, Pascal Koch, architecte de talent, en Féronstrée jusqu’à la place du Marché. L’odeur des gaufres dans les rues de Liège, les sandwiches "à l’américain", les chicons, la tarte blanche, m’asseoir à une terrasse avec des vieux copains, les promenades dans les Ardennes. Et aussi m’asseoir dans une église et sentir la spiritualité et la paix m’envahir. Cela est très proche du sentiment que l’on ressent dans un grand espace en montagne ou dans le désert".

Et quand on lui demande quel conseil elle donnerait à des jeunes qui voudraient marcher sur ses traces, elle répond simplement : "Il faut vivre ses rêves et non rêver sa vie !"