Gazette de Liége

Elle est centenaire depuis peu. C’est en 1916, en effet, que fut construite à Liège, au bout de la rue de Fragnée, la maison Rigo, du nom de l’homme d’affaires qui l’avait commandée à l’architecte Lucien Bécasseau. L’immeuble de style néo-mosan a été condamné par l’autorité communale qui ne veut pas de vieilleries sur l’axe qui conduit de la gare Calatrava au musée de la Boverie rénové en passant par la nouvelle tour des Finances et la tout aussi nouvelle passerelle. Les associations de défense du patrimoine, le Vieux-Liège et SOS Mémoire de Liège, ont bien été en mesure de remettre une pétition de plus de 4 000 signatures aux bourgmestre et échevins. Et on a vu pleuvoir les idées de réaffectations (touristiques, culturelles, commerciales…), mais, à ce jour, aucun repreneur ne s’est présenté. Le recours en suspension devant le Conseil d’Etat ayant échoué, les obstacles sont dès lors levés et le démantèlement imminent.

C’est d’abord un immeuble mitoyen sans intérêt qui va trinquer - après désamiantage - pendant qu’on retirera de la maison Rigo les décors à conserver, de quoi temporiser un peu. Les opposants ne désarment pas pour autant, d’autant que la piste d’un démontage-remontage ailleurs paraît bien incertaine.

"Daech est à Liège", avait même lancé un éminent universitaire liégeois, ancien combattant de la place Saint-Lambert quand les archéologues y faisaient barrage aux travaux publics. Même si le propos a été nuancé depuis par son auteur, tous les ingrédients sont réunis pour qu’il fasse très chaud le jour où les premiers coups seront portés à la façade vénérable.