Gazette de Liége Chronique

Le récent bulletin trimestriel de la Société royale "Le Vieux Liège" est totalement consacré à un important article intitulé "Rumeurs de quartier", qui évoque l’ancienne paroisse de Saint-Séverin à Liège au 18e siècle 1. On plonge là dans des histoires bien de chez nous, grâce à l’auteur, Charles-J.A. Leestmans, qui a méticuleusement dépouillé des documents notariaux, des registres de la cure de l’ancienne église Saint-Séverin et les Œuvres des échevins de Liège.

La petite église de Saint-Séverin, fut désaffectée le 23 novembre 1803 suite à la Révolution. L’église qui devait être démolie contenait une statue que l’on disait miraculeuse. Lors de la fermeture de l’église, les collégiales Saint-Denis et Saint-Martin se disputaient l’honneur de recueillir la statue. Monseigneur Zaepfell décida de la confier à la collégiale Saint-Denis. Mais deux ans plus tard, la collégiale Saint-Martin dont relevait l’ancienne paroisse Saint-Séverin réussit à récupérer la statue de la vierge. On peut toujours admirer, à Saint-Martin, la très jolie vierge qui tient dans ses bras un adorable petit Jésus souriant, jouant avec un oiseau (notre photo).

On découvre le couvent des sœurs grises à Hocheporte, les deux béguinages de la paroisse, l’orphelinat de la rue Agimont; la paroisse regroupe 430 maisons qui se répartissent sur trois grands axes : la rue Hocheporte, la rue Saint-Séverin et la rue Agimont. A travers des inventaires de succession, on découvre la vie quotidienne comme elle devait se dérouler à cette époque, la manière de s’habiller, les métiers qui y étaient représentés.

C’est dans la rue Hocheporte que l’on trouve la trace du peintre Nicolas-Henri de Fassin. Dans la rue Cocraimont qui relie les rues Saint-Séverin et Hocheporte, coulait la Légia dans laquelle des ménagères faisaient leur lessive. Les archives notariales font aussi apparaître des violences nées de conflits sentimentaux, de vols, de disputes entre voisins.

Dans sa conclusion, M. Leetsmans, considère que son travail n’est en fait qu’une piste ouverte vers les milliers de dossiers des sept cents notaires de la cité de Liège aux 17e et 18e siècles. Il y aurait là matière à remplir la vie d’un chercheur isolé, d’autant qu’ici l’auteur a étoffé ses recherches avec les archives ecclésiastiques, les capitations et les recensements de 1791 et de l’an XI. Le dépouillement, qui a sans doute été parfois fastidieux, a débouché sur un travail extrêmement intéressant et on ne peut qu’espérer d’autres publications du même genre sur d’autres paroisses de Liège.

1 Bulletin n° 330 de la Société royale Le Vieux Liège (juillet-sept. 2010). Rens. : Fabrice Muller, rue Wiertz 37B, 4000 Liège, tél. 04.225.14 54, E-mail bulletin@vieuxliege.be