Gazette de Liége

"Quelle place après la Place ?", s’interrogeait il y a plus de deux ans (voir notre édition du 7/10/2011) la "Gazette de Liége" eu égard au départ annoncé du théâtre de la Place. Lequel a trouvé refuge depuis septembre dernier dans l’écrin restauré du bâtiment de la Société libre d’Émulation, laissant derrière lui une place de l’Yser, sise au cœur du quartier d’Outremeuse, orpheline de cette institution. Le moins que l’on puisse écrire est que le devenir de cette vaste place n’a depuis lors cessé de faire jaser, et ce jusqu’au Conseil communal de ce lundi soir où un point la concernant était à l’ordre du jour.

Ainsi que rappelé par l’échevin liégeois des Travaux Roland Léonard (PS), il s’agissait du second passage du point en séance publique après le lancement décidé au printemps d’un marché public en vue de la démolition de l’ancien bâtiment du théâtre de la Place. Lequel est squatté depuis plusieurs mois par un collectif culturel protéiforme qui a pris le nom de "théâtre à la Place". Et si le point en question a été réexaminé par le Conseil communal, c’est en raison d’offres remises dont les prix ont été jugés trop élevés et afin de favoriser le recours à une procédure négociée.

Ceci étant dit, les différents groupes ne se sont pas fait prier pour redonner leur point de vue sur l’avenir urbanistique de la place de l’Yser. "En six mois, la situation a considérablement évolué", a ainsi constaté le conseiller MR Pierre Gilissen, faisant notamment référence à l’occupation évoquée plus haut qui pose selon lui des problèmes de sécurité. "Quid de la responsabilité de la Ville en cas d’accident et quid de la sécurisation des lieux après la démolition envisagée ?", s’est demandé ce dernier, évoquant en outre "un sentiment d’abandon du quartier".

Face à un bourgmestre passablement énervé par la tournure du débat, c’est ensuite au groupe Ecolo et aux conseillers Brigitte Ernst et Guy Krettels qu’il est revenu d’intervenir. "Il faut prendre en compte la présence de ce collectif qui a eu une démarche d’appropriation des lieux et qui a un vrai projet culturel en gestation", ont ainsi estimé ces derniers, faisant référence à une visite effectuée récemment au "théâtre à la Place".

De son côté, François Schreuer, conseiller Vega et fondateur de l’ASBL urbAgora qui avait diffusé un communiqué sur le sujet en prélude au Conseil communal, a reconnu que son avis avait évolué. Et de mettre notamment en avant le caractère symbolique du bâtiment en question, lequel doit, selon lui, être conservé et intégré à un futur espace vert. Le hic, même si une partie de la place devrait bien être dévolue à du loisir, c’est qu’on ne sait pas encore grand-chose sur les intentions précises de la Ville. Prenant la parole en dernier lieu et après que le PTB ait épinglé "l’inutilité d’un vote dans l’urgence", le bourgmestre Willy Demeyer (PS) a dit qu’au regard du calendrier de manifestations publiques qui lui a été soumis, la situation avait changé et qu’il pourrait donc devoir procéder à une évacuation des lieux.