Gazette de Liége

C’est Rimbaud qui le proclamait : "La poésie doit être absolument moderne." La 27 e Biennale de la poésie souhaite ouvrir le débat sur cette affirmation, à l’heure où le genre s’adapte à l’époque. "Les formes traditionnelles de la poésie ont résisté mais aujourd’hui, la poésie n’est pas que dans les livres. On a vu apparaître de nouvelles formes : slam, performances, recours à la vidéo, à l’informatique Le nombre de sites Internet consacrés à la poésie dépasse celui des revues. Alors, faut-il être moderne ? Je pense que oui. Il ne sert à rien de regretter le passé" , remarque Lucien Noullez, président de la Maison internationale de poésie Arthur Haulot, qui organise la Biennale.

Du 10 au 13 octobre, au palais des Congrès de Liège ( "une ville connue depuis fort longtemps pour être accueillante aux poètes" , souligne-t-il), le public pourra s’immerger dans ce genre littéraire bien vivant. "Et beaucoup plus qu’on ne le pense. La poésie, que l’on dit morte depuis trente ans, suscite énormément d’intérêt , s’exclame Lucien Noullez. La Biennale accueillera des poètes venant d’une trentaine de pays et elle sera présidée par Dany Laferrière, le poète et romancier haïtien."

Au programme, pendant ces quatre jours : des débats, des ateliers slam et de pose de voix, des animations pour les enfants, des récitals poétiques, des tables rondes et des podiums poétiques. "En tant qu’organisateurs, nous avons été attentifs à une critique : ‘les poètes parlent entre eux’. Donc nous avons décidé de jouer la carte de l’interactivité avec le public, via des tables rondes en petits comités où un poète connu lance une thématique et ouvre la discussion."

Si la majorité des animations auront lieu au palais des Congrès, les podiums poétiques seront délocalisés dans trois lieux culturels liégeois, Barricade, L’Aquilone et L’Emulation. L’Aquilone, une petite salle de spectacle qui propose régulièrement des soirées slam. Le slam, justement. Cet art contemporain de déclamer des textes poétiques, est-ce une manière d’amener vers la poésie des publics jeunes ? "Oui, le slam, c’est la poésie jeune et à la Biennale, nous cherchons justement à rajeunir notre public et à faire dans le transgénérationnel" , indique Lucien Noullez.

Le 13 octobre, en guise de clôture, le grand prix de la Biennale sera décerné. "Il consacre l’œuvre publiée d’un poète vivant qui n’a jamais remporté de grands prix internationaux. Notre prix donne la primauté à la découverte de poètes encore sous le boisseau."

Et à tous ceux qui hésiteraient à venir à cette Biennale de la poésie, Lucien Noullez répond : "Je connais beaucoup de gens qui ont découvert grâce à la poésie un nouveau rapport à la parole et au monde. Alors, pourquoi ne pas tenter l’expérience ?"

Au palais des Congrès de Liège, du 10 au 13 octobre. Infos : www.mipah.be (rubrique Biennale 2012) ou : 02.511.91.22.

Tarif pour quatre jours : 65 euros (30 euros moins de 25 ans et demandeurs d’emploi). Tarif journalier : 25 euros (10 euros moins de 25 ans et demandeurs d’emploi).