Gazette de Liége

Comme prévu (cf. "Gazette" du 31 mai 2011), c’est lors de l’examen d’un point en apparence anecdotique de l’ordre du jour du Conseil communal de Liège, auquel assistaient une poignée de riverains, que les mandataires liégeois ont pu (ré) exprimer ce lundi soir leur vision du projet de tour des Finances et au-delà de l’aménagement futur du quartier des Guillemins. Au point 31 de l’ordre du jour, figurait ainsi la modification du tracé de plusieurs voiries attenantes à la gare des Guillemins. Mais derrière cet intitulé, l’occasion était donnée aux conseillers de se pencher sur le dossier de la tour des Finances. Ce que ces derniers n’ont d’ailleurs pas manqué de faire.

C’est tout d’abord l’échevin CDH en charge de l’Urbanisme, Michel Firket, qui a affirmé "la cohérence du projet global de développement du quartier". Ce dernier a rappelé la procédure qui a conduit le promoteur Fedimmo à présenter il y a peu un second projet modifié de tour des Finances. Pour Michel Firket, "le projet a évolué positivement en tenant compte des réclamations des riverains et il respecte parfaitement ce qui est prévu dans le PRU (N.D.L.R. : le périmètre de remembrement urbain, qui définit les orientations urbanistiques du quartier)". En outre, selon lui, "les ajustements de voiries proposés doivent permettre l’érection de la tour et aussi le passage du tram".

Le moins que l’on puisse écrire est que la vision positive de l’échevin ne fut pas partagée par l’opposition, Ecolo s’étonnant par la voix de Brigitte Ernst que le passage du tram soit déjà prévu et enjoignant le collège à décider "dans l’intérêt des Liégeois". La conseillère épinglait aussi la hauteur jugée disproportionnée de la tour. "Le PRU prévoit certes une émergence d’échelle métropolitaine mais pas telle que celle-ci", s’est-elle inquiétée.

Une inquiétude partagée par Christine Defraigne (MR) qui, au lieu de parler de "geste fort" quant à ce projet, l’a qualifié de "geste brutal, violent". "Certes, des améliorations ont été constatées dans la seconde mouture du projet mais cette tour paraît encore démesurée", a-t-elle ainsi jugé. En outre, la conseillère a également mis en évidence des problèmes d’ordre juridique comme le fait que ce projet ne respecterait pas selon elle les prescriptions urbanistiques. Et de mettre en garde le collège communal contre un éventuel recours au Conseil d’Etat. Une mise en garde partagée par le conseiller CDH Jean-Pierre Grafé.

Mais l’événement de la soirée a consisté en un clash entre le bourgmestre Willy Demeyer (PS) et le conseiller Didier Reynders (MR). Il est intervenu lorsque ce dernier a donné sa vision de la procédure qui avait conduit à la désignation par le conseil des ministres de Fedimmo en tant que promoteur de la tour des Finances. "On tourne autour du pot. On se demande s’il faut ou non une tour à cet endroit mais c’est la Ville qui a fait ce choix. À la majorité de l’assumer", a estimé le ministre des Finances. Ce à quoi Willy Demeyer a répondu : "Vous ne pouvez pas dire ça. Dès 2006, le collège a pris attitude dans ce dossier et il vous a demandé de ne pas vendre le bâtiment actuel des Finances, ce qui a quand même été fait. On voulait conserver une propriété publique unique sur le site, ce qui aurait facilité les choses. Au lieu de cela, la liberté d’action de la Ville a été restreinte". Si le point 31 de l’ordre du jour a finalement été adopté avec 26 voix pour, 7 contre et 9 abstentions, la saga de la tour des Finances, elle, se poursuit.