Gazette de Liége

Un dangereux précédent de non-respect tant de la liberté d’expression que de la vie privée des élèves en dehors des murs et des temps d’école" : ainsi la Fédération des étudiants libéraux (Fel) qualifie-t-elle, dans un communiqué diffusé jeudi, les mesures prises par la direction du lycée Saint-Jacques de Liège à l’égard d’élèves qui avaient participé à un groupe Facebook d’un genre particulier. Un groupe qui s’était donné pour objectif rien moins que de faire évincer une éducatrice

Les sanctions disciplinaires n’ont pas tardé à frapper les rebelles, sommés de mettre fin à leur campagne et, dans la foulée, de disserter sur les bons et mauvais usages de l’Internet. Mais les faits se sont déroulés hors du cadre scolaire, objecte la Fel qui a saisi d’une demande d’avis la Commission de la protection de la vie privée (CPVP).

A Saint-Jacques, la directrice Françoise Neuray tombe des nues devant l’ampleur que cette affaire semble avoir prise. "Il y avait déjà eu, chez nous comme ailleurs, des plaintes de jeunes élèves qui étaient attaqués par d’autres dans des blogs, nous dit-elle. Nous avons joué notre rôle en expliquant aux élèves qu’ils ne pouvaient pas et en faisant supprimer ces blogs".

Les avis des juristes consultés, au premier abord, n’abondent pas dans le sens de ceux qui voient là une restriction de la liberté d’expression. On épingle notamment l’utilisation, sans son autorisation, d’une photo du membre du corps éducatif visé par la fronde virtuelle. Cette personne pourrait même entamer une action judiciaire. Le fera-t-elle ? "Elle s’est posé la question, indique la directrice. Mais par souci de calmer le jeu, elle ne l’a pas fait".

Côté parents, on est partagé : certains minimisent ce qu’ils jugent n’être qu’une blague de potaches, d’autres approuvent la réponse ferme qu’elle a reçue.