Gazette de Liége Il n’y aura pas d’édition 2019. L’avenir du festival s’écrit en pointillé.

Être organisateur d’événement, et plus particulièrement d’un festival de musique, demande, surtout à notre époque, ingénierie, ténacité et beaucoup de bonne volonté.

Si celle-ci est encore bien présente dans le chef des organisateurs du Bel’zik, le temps a fait son œuvre pour les deux premières. Les budgets ne sont hélas pas à rallonge et ces divers obstacles, qui empêchent le festival d’avancer, ont finalement eu raison de l’événement.

"Depuis 2012, tenir le budget qui oscille entre 250 000 et 300 000 €, c’est difficile, et nous ne voulions pas prendre des risques financiers et ne pas savoir les honorer. Les cachets des artistes sont de plus en plus élevés et les frais de sécurité sont sans cesse à la hausse", explique Philippe Jeholet, qui a repris les rênes de l’organisation en 2013 en lieu et place de son frère Pierre-Yves.

Des rênes qu’il va d’ailleurs laisser puisqu’il profite de cette pause forcée pour prendre du recul et faire un pas de côté.

"Cela permettra peut-être à de nouvelles bonnes volontés de reprendre l’événement et de lui offrir un second souffle. Et puis, il y a dans le comité des gens qui souhaitent peut-être aussi reprendre le flambeau. Des discussions ont lieu actuellement en ce sens, mais rien ne dit qu’il y aura une édition 2020."

Même Stromae

Une chose est presque certaine, si le Bel’zik renaît de ses cendres, ce ne sera pas au Hall des Criées. "Il faut bien admettre que l’endroit limite les possibilités. Il faut tout d’abord le décorer. Il faut ensuite se dire qu’on ne peut accueillir que 2 000 personnes. Un Calogero remplit l’espace en une demi-journée et on aurait pu en accueillir encore plus. Je pense personnellement que repartir d’une page blanche est peut-être la meilleure chose à faire."

Les amateurs de bonne musique s’étaient habitués à voir des stars de la chanson française (Calogero, Christophe Willem, Stromae, Maurane…) voire internationale (Kim Wilde) débarquer à Herve pour la première de la saison, mais les finances sont ce qu’elles sont…

L’année Calo - 2011 - avait permis au festival d’afficher "sold out". Ce n’est, il faut l’espérer, qu’un au revoir.