Gazette de Liége A quelques encablures de la rentrée académique, l’heure est aux secondes sessions mais aussi à la recherche, du moins pour ceux qui n’en ont pas encore, d’un logement pour l’année à venir. Le moins que l’on puisse écrire est qu’alors même qu’il est des projets, comme celui du promoteur liégeois Laurent Minguet dans le quartier Saint-Léonard, qui peinent à voir le jour, d’autres, par contre, sont en voie de réalisation. Il en est ainsi du projet de réhabilitation de la résidence André Dumont, sise place du 20 août à Liège, par le groupe Eckelmans Immobilier. Ce dernier, basé à Louvain-la-Neuve et déjà présent dans la ville universitaire ainsi que dans la capitale, a consenti à un investissement de 18 millions d’euros pour rénover et transformer en résidence pour étudiants cet ancien bâtiment universitaire désaffecté depuis une dizaine d’années.

Ce que montre l’arrivée sur le marché liégeois du groupe Eckelmans et l’inauguration le 11 septembre de la résidence Meuse Campus, c’est un boom des kots "de luxe". Ce dernier ensemble, imposant puisqu’il est question de 235 logements, s’ajoute en effet à celui géré par la société City Living et dénommé Student Hotel, sis boulevard d’Avroy au sein de l’ancien home universitaire Rühl. Si les deux ensembles sont différents, ils disposent également de caractéristiques communes, à commencer peut-être par des prix jugés très élevés. Cet aspect, déjà épinglé par la Fédération des étudiants de l’ULg qui en appelle à une politique publique de logements pour étudiants, est toutefois nuancé par les gestionnaires.

C’est ainsi que Gregory Abino, le responsable du Student Hotel, met en avant le succès rencontré dès l’origine, malgré quelques difficultés liées au mode de fonctionnement, par ce concept. Un concept qui, dit-il, a évolué vers moins de permissivité et plus de personnalisation des services qui sont proposés. Si le remplissage des 146 logements n’a posé et ne pose aucun problème, si l’on en croit ce dernier, c’est essentiellement aux étudiants étrangers qu’on le doit. "Notre public est international et l’idée de bain linguistique est très présente chez nous", souligne Gregory Abino, mettant également en avant une importance accordée à la sécurité. Quant au prix pratiqué pour des chambres dont la superficie varie entre 12 et 21 m2, il est de 480 euros mensuels minimum et il peut monter jusqu’à 760 euros, toutes charges comprises. Un luxe, certes, mais également "un gain de temps et d’argent", estime le manager du Student Hotel.

C’est également l’avis de Thibault Van Dieren, directeur d’Eckelmans Immobilier, pour qui le rapport qualité-prix qui sera pratiqué au sein de la résidence Meuse Campus est excellent. "C’est en tout cas ce qui ressort des visites que nous avons réalisées", assure-t-il. Ici, et c’est une différence par rapport au premier cas évoqué, Eckelmans agit uniquement en tant que développeur immobilier. "Il y aura un nombre élevé de propriétaires mais la gestion locative sera assurée par une agence-pilote située au rez-de-chaussée du bâtiment", précise Thibault Van Dieren, pour qui les maîtres-mots de ce projet sont cohérence et concentration de l’habitat étudiant. Il s’agit donc ici, sur dix étages, de 235 studios autonomes de deux types et dont la superficie varie entre 17 et 25 m2 pour les chambres single et entre 24 et 29 m2 pour les chambres twin. Pour les étudiants, il en coûtera 440 euros mensuels minimum pour les premières et 330 euros par personne pour les secondes. Enfin, une autre différence avec le Student Hotel, c’est la volonté de mixité parmi les locataires. "La résidence Meuse Campus ne sera pas qu’une maison destinée aux étudiants Erasmus", affirme le directeur d’Eckelmans.