Gazette de Liége

C’est ce jeudi que le gouvernement wallon était enfin censé se mettre d’accord au sujet du dossier du tram liégeois. Un dossier sensible, politiquement parlant, qui avait déjà fait l’objet de plusieurs reports consécutifs. En cause, du moins officiellement : un différend d’ordre budgétaire entre le ministre en charge de la Mobilité Philippe Henry (Ecolo) et son collègue en charge du Budget, à savoir André Antoine (CDH). Celui-ci réclamait pour rappel au premier cité "des apaisements sur le plan financier" eu égard à ce projet de tram liégeois, et enjoignait ce dernier à "ne pas dépenser plus que de raison", tant d’ailleurs en vue de ce projet que concernant les autres investissements prévus en matière d’infrastructures.

Ainsi que "La Libre" l’écrivait dans son édition du 18 novembre dernier, une véritable guerre des chiffres s’est donc enclenchée entre les cabinets des ministres concernés. Celui du ministre Henry disant ne pas comprendre ces demandes chiffrées tardives dans le chef d’un ministre qui avait, pour rappel, initié le projet de tram liégeois qu’il était venu présenter en grande pompe à Liège en 2009. Et celui du ministre Antoine se défendant de faire son travail et de jouer son rôle, dans un contexte budgétaire délicat, en tentant d’objectiver et de projeter les investissements dont celui de 500 millions d’euros destiné à la première ligne du tram liégeois.

Le ministre-Président wallon Rudy Demotte (PS) a lui-même dû monter au créneau, précisant que ce dossier était intégré dans un ensemble plus large et évoquant, sans le remettre en cause, "un pilotage financier". Reste qu’une décision quant à ce projet jugé capital et structurant en termes de mobilité pour Liège et sa région est attendue avec d’autant plus d’impatience que le ministre Henry a fait du respect du calendrier, lié pour rappel à une éventuelle Exposition internationale en 2017 à Liège, une condition sine qua non de sa réussite. Une nouvelle dead line avait donc été fixée ce jeudi pour ce dossier. Et contrairement à ce qui était prévu, aucune décision n’est intervenue à cet égard ni même concernant d’autres points sensibles puisque la séance de ce jeudi a abordé tout autre chose.

On a également appris qu’un kern wallon s’est tenu mardi dernier et que divers dossiers chauds ont été évoqués, donc celui du tram liégeois mais également celui du centre sportif de haut niveau. Un dossier cher au ministre Antoine que l’on croyait définitivement postposé à 2012 mais qui a refait surface. Il semble donc que l’exécutif wallon devra trancher jeudi prochain sur un package global incluant donc aussi le centre sportif. Un dossier où, pour rappel, Liège est candidate face à Louvain-la-Neuve et où aucune décision n’a non plus encore été prise. Et certains, tant en "off" qu’en "on", de franchir le pas et d’estimer qu’il s’agit sans aucun doute de "marchandage politique" et de "sous-localisme". C’est notamment le cas de la députée Christine Defraigne (MR) pour qui "ce que l’on craignait se réalise" et l’on semble se diriger vers "un grand troc préjudiciable à Liège". De son côté, s’il dit comprendre qu’André Antoine joue son rôle de ministre du Budget et affirme que "les 500 millions prévus en 2009 ne représentent plus la même chose deux ans plus tard" (d’où le fait qu’il faudra sans doute, selon lui, raccourcir la ligne), le président de l’ASBL urbAgora François Schreuer tient à déplorer toute approche sous-régionaliste. Il émet aussi des critiques quant au recours prévu à un partenariat public-privé mais il estime pour sa part que "ce n’est pas une semaine de plus qui va mettre en péril le projet".