Gazette de Liége

Bien sûr il clinque, sa décoration frise le rococo et ses Naïades n'auraient pas déplu à Rubens, mais les Liégeois l'aiment, leur pont de Fragnée! Et il en jette aujourd'hui plus que jamais, sa restauration venant d'être officiellement achevée et inaugurée par la Région wallonne. Un long chantier qui connut quelques avatars, comme un premier pavage à l'ancienne trop fragile face à un trafic intense, remplacé finalement en 1998 par un revêtement de béton hydrocarboné. Sans doute moins joli, mais plus pratique.

Depuis le démarrage des travaux en 1993, les Liégeois ont vu les éléments du pont de Fragnée être enlevés un à un -et se sont demandés à un moment donné quand on allait enfin les leur rendre... Les fameuses Renommées ont fait leur réapparition en premier, nettoyées, réparées, redorées à la feuille et recouvertes d'un vernis spécial contre les salissures. Revinrent ensuite les éléments décoratifs des garde-corps, qui subirent en atelier le même traitement que les anges trompetant: pas moins de 3700 pièces au total, travaillées une à une... Et ayant bénéficié d'un vernis spécifique qui protège l'or de tout grattage intéressé.

BEAU DE JOUR COMME DE NUIT...

Après la rénovation des structures métalliques du pont de Fragnée, son garde-corps a retrouvé sa couleur bleue originelle -formant un contraste de prime abord surprenant, mais rapidement adopté par l'oeil, avec l'or. Les pierres de taille ont été rénovées, les candélabres anciens remplacés par des copies neuves et les statues de bronze nettoyées, réparées et elles aussi vernies, notamment pour en ralentir l'oxydation.

Bref, le pont est aujourd'hui aussi beau de jour que de nuit, lorsque la mise en lumière imaginée par le Breton Yann Kersalé le magnifie...

On oubliera donc rapidement les péripéties d'une restauration complexe face au résultat atteint, pour un investissement total, tout de même, de 173millions de BEF.

Une exposition consacrée au pont de Fragnée accompagne l'inauguration de sa restauration, visible au complexe commercial de Belle-Ile jusqu'au 17 août.

© La Libre Belgique 2001