Gazette de Liége Erigé après la Seconde Guerre mondiale, il permettait aux locomotives de faire demi-tour.

Les ardents défenseurs du patrimoine ferroviaire de l’Est de la province se sont mobilisés fin 2017 pour éviter la vente d’un fleuron plombimontois : le pont tournant, cet ouvrage d’art de 24 mètres de diamètre construit juste après la Seconde Guerre mondiale et permettant aux locomotives de faire demi-tour. Le dernier de Wallonie que la SNCB souhaitait mettre en vente au plus offrant.

Selon le ministre fédéral François Bellot, ce soudain souhait réside dans le fait qu’un projet de Ravel va être réalisé début de cette année entre Hombourg et Montzen. La SNCB avait récupéré d’Infrabel, en 2014, les terrains sur lesquels se trouve le pont tournant, terrains qui sont pollués. Et comme ceux-ci doivent être réaffectés en vue d’accueillir l’infrastructure de mobilité douce, le pont tournant, lui, devait disparaître.

Le réalisateur liégeois Bouli Lanners, originaire de la région et qui a profité du site pour effectuer des prises de vue pour son film "Les premiers, les Derniers", et Louis Maraite (MR), conseiller communal liégeois et fervent défenseur du patrimoine ferroviaire, ont dès lors mobilisé les troupes. Résultat : 2 000 signatures en faveur de son maintien. Le ministre wallon du Patrimoine René Collin (CDH) a finalement décidé de placer l’édifice sur la liste de sauvegarde du patrimoine wallon. Un projet de viabilité du site devra être déposé dans les douze mois - il sera déjà évalué mi-2018 - afin de maintenir le pont… "On va réunir début mars autour d’une même table les experts d’ULiège, du tourisme ferroviaire de Wallonie, de l’Agence locale de développement et d’autres organismes pour réfléchir sur une proposition faite par l’association CF3F d’en faire un point d’intérêt, avec un train qui circule deux fois par dimanche de beau temps, pour les utilisateurs du Ravel. Celui-ci doit justement être un moyen pour valoriser la région et son patrimoine", estime Louis Maraite.

Si ce projet n’était pas viable, le pont tournant pourrait déménager en Wallonie. Le chemin de fer du Bocq ou le rétrotrain à Saint-Ghislain sont en effet deux sites présentés par l’ASBL Patrimoine ferroviaire et tourisme qui a fait l’offre la plus importante pour sauver cet ouvrage des ferrailleurs, la plus grande crainte de ses ardents défenseurs.