Gazette de Liége

Je suis ici par continuité symbolique, depuis Wallonie libre et la clandestinité. En 1945, nous nous étions finalement ralliés au fédéralisme dans le cadre belge, mais je m'étais fait des illusions. Ce n'est qu'un moyen pour la Flandre de préparer son indépendance. Si je reviens, en soutien à la liste Rassemblement Wallonie France (RWF) et 21 ans après mon retrait, c'est que je n'ai pas envie d'une république wallonne d'amon nos-autes.»

Il est toujours acide, François Perin. Professeur de droit public à l'Université de Liège, il mena de front une carrière politique le menant du Parti socialiste belge (PSB) au Mouvement populaire wallon (MPW) et au Rassemblement wallon (RW). Il fonda ensuite le PRLW, devenu PRL. Sénateur libéral, il se retira de la vie publique en 1985.

Se fâcher intelligemment

Dans le district de Liège, le «professeur» pousse donc la liste, complète, comme partout dans la province. Paul-Henri Gendebien, président et tête de liste, souligne le ralliement des frères ennemis de «France», menés par André Schreurs, qui se présente en numéro 3. Outre le soutien extérieur de Marcel Cools, le fils d'André, pour lequel maintien de la Belgique et indépendance de la Wallonie sont de semblables illusions.

Lorsque la Flandre aura tué la Belgique, la Wallonie risquera la désagrégation immédiate, alors qu'un Etat restera nécessaire aux Wallons et ce ne pourra être que la France, en conclut le Rassemblement Wallonie France. Quant au scrutin communal, il est laissé aux partis de «l'administration du quotidien»: «Nous sommes des éveilleurs de conscience. Nous faisons le pari de l'intelligence sélective et citoyenne des électeurs fâchés: à la commune, qu'ils votent pour le parti démocratique de leur choix et, à la province, pour nous.»

Pour faire signe.

© La Libre Belgique 2006