Gazette de Liége

Mardi, ce devait être le "grand soir" en ce qui concerne le projet de tram liégeois car ainsi que le disait la "Gazette de Liége" le jour même, il devait entrer dans le vif du sujet. À savoir une première réunion d’information publique, prélude à l’étude d’incidences, relative à un projet d’ampleur dont on a déjà beaucoup parlé mais dont on connaît désormais les contours précis. Est-ce l’effet de la chaleur lourde et du temps orageux, mais toujours est-il que c’est un public clairsemé, fait notamment de mandataires politiques et autres citoyens engagés - l’ASBL urbAgora était ainsi très bien représentée -, qui avait gagné en début de soirée le palais des Congrès de Liège. L’ancien journaliste ertébéen Jacques Bredael assurait la fonction de modérateur et c’est aux édiles communaux que la parole a été donnée d’emblée. Et alors que le bourgmestre Willy Demeyer (PS) mettait en avant le fait qu’il s’agit d’un "enjeu d’agglomération" s’inscrivant dans un cadre supracommunal en construction - "le tram est indispensable à la future communauté urbaine" -, le Premier échevin Michel Firket (CDH) a quant à lui insisté sur le fait que "le tram n’est pas qu’un simple mode de transport". Il fut rejoint dans son constat tant par l’administrateur-délégué de la Société régionale wallonne du transport (SRWT), lequel a évoqué "un accélérateur du développement et de la transformation d’une agglomération", ainsi que par Pierre Tacheron, directeur du bureau Transitec et membre du consortium Liège Tram en charge des études techniques.

Et c’est précisément ce dernier qui a entrepris de présenter, "avec un degré de précision relativement important", le tracé complet de 17 km - soit 32 stations - devant relier à terme Jemeppe (Seraing) à Basse-Campagne (Herstal). À terme car, pour rappel et en vertu de la décision récente du gouvernement wallon de réaliser en priorité, d’ici 2017, le tracé central de 10 km - soit 21 stations - de Sclessin à Coronmeuse pour un coût estimé à 360 millions d’euros, seul ce dernier fera l’objet d’une demande de permis unique d’ici le début de l’année prochaine. La tâche n’était pas simple mais Pierre Tacheron s’en est plutôt pas mal tiré compte tenu des contraintes imposées. Et de contraintes, il fut beaucoup question lors de son exposé. Techniques tout d’abord, l’ingénieur civil rappelant la largeur minimale nécessaire à l’assiette du futur tram, à savoir une largeur de 7,10 mètres, et ce sans compter d’éventuels trottoirs ou autres bandes de circulation et/ou de stationnement. À cela s’ajoute selon Pierre Tacheron la nécessité d’un tracé pas trop sinueux puisque le rayon giratoire minimum est estimé à 25 mètres. "Le tram implique certes des contraintes techniques, d’insertion importantes mais également une intermodalité", a poursuivi ce dernier, lequel a évoqué 13 stations - sur les 32 du tracé - définies comme étant des pôles d’échange avec le réseau des Tec et de la SNCB et qui s’ajoutent aux 7 parkings-relais prévus. Et Pierre Tacheron de préciser qu’"un maillage vélos et piétons est également prévu".

Incontestablement et sans surprise, c’est le passage du tram dans l’hyper-centre qui a donné le plus de fil à retordre aux bureaux d’études puisque du pont de Seraing à la gare des Guillemins en passant par Sclessin et le stade du Standard - où la circulation automobile sera toutefois proscrite -, le tram circulera essentiellement le long du chemin de fer. Après avoir emprunté la rue Varin, il traversera ensuite, comme prévu, la future esplanade des Guillemins et rejoindra le site propre de l’avenue Blonden. Les choses se corsent de nouveau à l’approche de la place Saint-Lambert, autre nœud intermodal, la rue Joffre devant être mise à sens unique. Plus loin, le passage en Féronstrée, où un mix tram-voiture sera permis, a également suscité son lot de difficultés. Enfin, la poursuite et la fin du tracé via les quais de Meuse jusqu’à Coronmeuse puis jusqu’à Herstal - où des expropriations seront menées - engendre moins de contraintes. Ce qui n’enlève rien au fait que le tram bouleversera grandement les habitudes.