Gazette de Liége

Lobby des urbains" : voici comment se définit l'association liégeoise UrbAgora, née au printemps dernier (lire "La Libre/Gazette de Liége", 24/04/08), suite à la pétition "Oui au tram ! Non à l'autoroute !" lancée en septembre 2007 - et qui a récolté près de 5 800 signatures.

En six à huit ans

Pour UrbAgora, c'est très clair : le montant prévu pour le contournement autoroutier, "qui ne tient pas la route" souligne François Schreuer, président de ce groupe de réflexion axé sur l'aménagement urbain, doit être réaffecté au projet de tram, dont la mise en service est estimée par l'association à quelque 700 millions d'euros. "Les moyens sont là, en Wallonie, mais il faut que la Sofico réoriente ses budgets vers le tram" insiste-t-il. Et d'estimer, expériences étrangères à l'appui, que l'étude, les travaux et la mise en service d'un tram peuvent se réaliser en six à huit ans.

Car UrbAgora défend ardemment le retour rapide du tram à Liège et entend attirer l'attention des responsables du dossier - difficiles à joindre en ce "creux" estival - sur les priorités à dégager et les écueils à éviter.

Ni étude affinée, ni prise de position définitive, l'intervention de l'association consiste, selon ses membres, en un "état des lieux" de leurs réflexions. Avec l'envie de (re) lancer le débat. "Nous actons qu'un consensus s'établit en faveur du tram à Liège mais le dossier est loin d'être gagné et surtout loin d'être réussi" poursuit François Schreuer. À ses yeux, même si le ministre des Transports André Antoine a donné un accord de principe, "les responsables politiques bluffent, toute la question reposant sur le financement".

Le tram, UrbAgora le voit comme "le fer de lance d'une politique urbaine améliorant la qualité de vie dans les quartiers, favorisant la densité de la ville et permettant de reconquérir l'espace urbain au profit des usagers faibles". Bien plus qu'un "simple" transport en commun, ce projet serait le levier permettant de construire, "enfin", une communauté urbaine liégeoise. Mais, aux yeux de l'association, cette réflexion plus vaste et ambitieuse est encore absente du dossier.

En termes techniques, poursuit Olivier De Wispelaere, administrateur, il faut idéalement opter pour un véhicule sur rail à traction électrique, plus confortable, plus souple, moins polluant. Le réseau, constitué de quatre antennes partant de Liège vers Herstal, Seraing, Ans et Fléron et d'une boucle au centre-ville (la ligne de bus 4, grosso modo), aurait une fréquence de passage importante (toutes les 3 minutes dans chaque sens en heures de pointe) et un site propre intégral - sacrifiant au passage des places de parking.

Sans définir précisément le tracé des lignes, UrbAgora insiste pour faire passer le tram au coeur des quartiers fortement peuplés et pour maximiser les connexions avec le réseau SNCB, l'idée d'un "réseau de trains express" (utilisant les voies de chemin de fer existantes) leur semblant nécessaire mais peut-être moins urgente que le tram.