Gazette de Liége

Sa traduction en dit long: le wendo signifie «chemin de femme». Adapté aux jeunes filles et aux dames, ce self-défense relève du physique et du mental. Retrouver confiance en soi, affirmer ses envies et besoins, se défendre et quitter le rôle de victime: la technique issue du Québec et présente à Liège répond à tous ces besoins, souvent considérés comme typiquement féminins.

Marie Dewez s'est formée au wendo dans les années 80, tant au Québec qu'en Belgique. Depuis 24 ans, elle enseigne la technique à des adolescentes et à des adultes. «A cette trame de base, j'ajoute ma personnalité, ma perception du monde féminin.» Christine Vanbrabant donne aussi des cours de wendo depuis 8 ans, à des jeunes filles de 11 et 16 ans. «Cela répond à un besoin concret dans les relations que l'on peut avoir à l'école et dans la vie en général.»

Retrouver confiance en soi

Concrètement, de quoi s'agit-il? Nul nouveau karaté, judo amélioré ou taïkwendo féminisé. Plutôt une technique de défense réfléchie, face aux situations de danger ou d'infériorité auxquelles peuvent se trouver confrontées les femmes, dans leur couple, au travail ou dans la rue.

«Nous voulons leur donner de la répartie verbale, les pousser à juger un état de difficulté afin d'adopter la meilleure attitude», note Christine Vanbrabant. «Mais la première technique de self-défense consiste à éviter de se mettre en danger.»

Défense préventive

L'apprentissage se déroule en plusieurs phases: la communication, la respiration, le self-défense préventif (éviter les dangers) et enfin le self-défense physique.

«Cette dernière étape, c'est l'ultime recours. Je ne l'enseigne qu'à des filles peu agressives de nature pour ne pas les inciter à «se défendre» à tort et à travers», ajoute Christine Vanbrabant.

«Nous voulons rendre les adeptes plus solides. Une révolution intérieure leur fait prendre conscience de leur force et de leur capacité de réaction», explique Marie Dewez. L'objectif principal: rendre ces femmes actrices de leur vie et non victimes.

Durant les séances, les filles expriment leurs peurs et confrontent leurs expériences. Si beaucoup d'adeptes apprennent le wendo par prévention, plusieurs ont connu la violence et la soumission et viennent chercher dans cette technique la force de relever la tête et de s'affirmer.

«Nous vivons des moments très intimes avec elles», explique Christine Vanbrabant. «Je voudrais former de nouvelles profs car c'est une activité fatigante, où l'on gère énormément d'émotions!» ajoute Marie Dewez.

Ni sport ni activité intellectuelle, le wendo oscillerait peut-être entre un art martial fait de douceur, une aide psychologique et un atelier de communication, entièrement dédié aux femmes.

© La Libre Belgique 2004