Gazette de Liége

Les élèves, très vite évacués au moment des faits, ont pu regagner leur domicile en début d'après-midi.

Des élèves du secondaire de l'Athénée Léonie de Waha étaient encore chamboulés par les faits survenus un peu plus tôt dans leur école. D'autres, conservaient un calme exemplaire.

"Une éducatrice est venue nous prévenir qu'il y avait un homme armé dans l'école. Elle nous a dit de nous enfermer à l'intérieur de la classe. On a mis les armoires devant les fenêtres et les portes, et on s'est mis derrière. On a attendu pendant dix minutes puis on nous a fait descendre par un petit escalier à l'arrière de l'école", témoigne Luca Dewitte, élève de rhéto de l'Athénée Léonie de Waha. "On a essayé de rester le plus calme possible. On nous a ensuite emmenés au parc du jardin Botanique pendant 30 minutes et on nous a demandé de nous asseoir par classe. On nous a ensuite emmenés ici à Sainte-Véronique", ajoute le jeune garçon, très calme en attendant que ses parents viennent le chercher, lui et son frère Andrea. "Les petits de première et deuxième années étaient paniqués mais les professeurs les ont très vite calmés". Certains, sujets à des crises d'angoisse, ont d'ailleurs dû être pris en charge par la Croix-Rouge.

"On était au sixième étage, on n'a rien entendu. Une éducatrice est venue dans notre classe et nous a demandé de fermer les fenêtres. On ne nous a pas dit ce qu'il se passait", confient Alice, Pauline et Gwenaëlle, encore chamboulées par cette matinée agitée. "Et vers 10h40, on nous a évacués. On nous a plus tard félicités pour notre calme".

Antoine, élève en deuxième année, a quant à lui entendu "de gros coups de feu" alors qu'il se trouvait dans sa classe, au deuxième étage du bâtiment central.

"Ça a été impressionnant, heureusement il n'y a pas eu de bousculade. Les élèves sont sortis de l'école dans le silence", témoigne Jordan Kehl, professeur de français en cinquième année, qui se trouvait au quatrième étage au moment des faits. "Vers 10h30, une éducatrice est venue me trouver, me disant qu'un homme était armé dans l'école. Je n'ai rien entendu". "Elle m'a dit : 'tu gardes tes élèves dans ta classe'. J'ai alors continué à donner mon cours comme si de rien n'était. Je n'aurais jamais pensé qu'il m'arriverait un truc pareil pour ma première année d'enseignement...". Sarah Jobkenne, professeur de français en troisième année, a fait de même lorsqu'on lui a donné l'alerte, tout en prenant l'initiative de fermer sa classe "à clé". "Le plus dur, c'était ces dix minutes durant lesquelles on devait faire comme si de rien n'était pour ne pas paniquer les élèves". Vers 10h45, "on nous a dit de les faire descendre". D'autres professeurs, encore fortement choqués par les faits, n'ont pas souhaité témoigner.

Le préfet de l'Athénée Léonie de Waha Rudi Creeten n'est pas prêt d'oublier une telle journée. "Tout de suite, vers 10h30, l'agent de l'accueil m'a signalé qu'un homme tirait sur le boulevard d'Avroy", raconte-t-il. "Il est entré dans le hall d'entrée et a pris notre technicienne de surface en otage. Les primaires, qui se trouvaient au rez-de-chaussée à ce moment-là, ont tout entendu. Il y a eu de la panique". Certains, présents dans la cour de récréation au moment des faits, auraient d'ailleurs assisté à la scène.

Et de poursuivre : "On a collaboré de suite avec les éducateurs de niveau et on a pris le soin de sortir les élèves, classe par classe, par le petit escalier en colimaçon de secours derrière l'école, qui donne sur le centre PMS. Tout le monde est resté très calme. On leur a dit : « Vous vous levez, vous laissez tout dans votre classe et vous sortez. Il a fallu cinq à dix minutes seulement pour faire sortir les élèves. Le but a été de rassurer tout le monde", explique-t-il. "On les a ensuite tous conduits au parc du jardin Botanique, comme on le fait lors de nos exercices en cas d'évacuation, sauf qu'ici ce n'était plus un exercice... », précise encore le préfet qui se dit « bluffé par le calme et la maturité des élèves". "La police nous a ensuite dit de venir ici", dans le hall du gymnase du Collège Sainte-Véronique, rue Edouard-Wacken. En début d'après-midi, les parents ont pu y rechercher leurs enfants. "On a d'abord laissé partir les sixièmes, les cinquièmes, les quatrièmes, et ainsi de suite". A 13h30, les élèves de première et de deuxième de l'Athénée attendaient toujours l'autorisation de rejoindre leur domicile. Et le préfet de terminer : "Demain, il n'y aura pas cours. Jeudi, les cours vont commencer par un conseil de la classe lors duquel les élèves vont pouvoir débattre sur le vivre ensemble et échanger sur la journée d'aujourd'hui...". Le centre PMS de l'école, renforcé d'une quarantaine d'agents supplémentaire, sera également mis à disposition des élèves pour un soutien psychologique. "Bien sûr des professeurs et des élèves sont touchés par la situation mais tout le monde a pu garder son sang-froid. Notre technicienne de surface, elle, est choquée mais je sais maintenant qu'elle va bien".