Gazette de Liége Chronique

Les Filles de la Croix de Liège viennent de fêter, par un concert d’orgue dans leur chapelle, le 20e anniversaire de la béatification par le pape Jean-Paul II de leur fondatrice Jeanne Haze, "en religion" Mère Marie-Thérèse du Sacré-Cœur de Jésus.

Jeanne Haze est née à Liège le 27 février 1782. Son père, qui avait une charge au gouvernement civil du prince-évêque, meurt en 1795. Avec sa sœur Fernande, de deux ans son aînée, elle décide de vivre une vie religieuse à domicile en s’occupant de leur mère qui meurt en 1820. Les congrégations religieuses avaient disparu, interdites par la Révolution. En 1824, Jeanne et Fernande ouvrent, chez elles, une école payante tolérée par le gouvernement des Pays-Bas, auquel Liège appartient depuis 1815. En 1829, l’abbé Habet, curé de Saint-Barthélemy, leur confie la direction d’une école gratuite pour les enfants des environs. Quelques amies viennent les rejoindre. En 1830, le royaume de Belgique est créé. L’abbé Habet écrit une règle de vie pour la petite communauté qui, en 1833, adopte un habit religieux. Jeanne Haze et sa sœur prononcent leurs vœux et Jeanne prend le nom de Mère Marie-Thérèse du Sacré-Cœur de Jésus. Désormais, leur communauté, reconnue en 1845 par l’évêque, Mgr van Bommel, prend le nom de Filles de la Croix avec pour mission l’éducation des jeunes filles.

Mère Marie-Thérèse a laissé "le souvenir d’une femme humble, discrète, obéissante, sage, tendre, juste et audacieuse". En quelques années, la congrégation va se diversifier en s’occupant de malades et de maisons pour personnes âgées, de femmes en détresse (des prisonnières, des prostituées, etc.) et en instruisant les enfants pauvres, les apprenties des ateliers et les jeunes ouvrières des usines.

En 1861, les religieuses s’installent dans un ancien couvent de religieuses capucines, rue Hors-Château. Ce couvent, vendu comme bien public à la Révolution, avait été racheté par un banquier liégeois, Michel Frésart. Il le laissa en héritage à sa fille devenue Fille de la Croix. Aménagé et agrandi, le couvent deviendra la maison-mère des Filles de la Croix, noviciat, pensionnat et école normale. Mère Marie-Thérèse restera supérieure générale jusqu’à sa mort en 1876.

Avec Julienne de Cornillon et Eve de Saint-Martin, au 13e siècle, Jeanne Haze et Émilie d’Oultremont (fondatrice de la congrégation de Marie Réparatrice) sont les seuls exemples de béatification dans l’histoire de Liège.