Gazette de Liége

Cela fait longtemps que l'on dénonce les conditions déplorables dans lesquels travaille le personnel judiciaire à Liège.

Ainsi, le greffe correctionnel qui abrite les pièces à conviction a été déclaré insalubre et mis sous scellés. Mais, mise à part cette action spectaculaire, il semblerait que les choses n'avancent pas très vite.

Ainsi, si les greffiers du tribunal civil travaillent maintenant dans les locaux flambants, à l'îlot St-Michel, les greffiers du correctionnel semblent abandonnés à leur sort. Une différence entre greffiers qui est d'ailleurs durement ressentie par les greffiers du correctionnel.

Depuis plusieurs années, ces travailleurs sont dans des bureaux dont les plafonds s'effondrent, les murs sont remplis d'amiante et les escaliers qui mènent aux locaux sont à deux doigts de tomber en miettes.

Amiante

Mais depuis quelques semaines, les choses se sont encore un peu plus dégradées. En effet, les toilettes ont carrément été condamnées au moyen d'un cadenas et il n'y a plus de point d'eau à proximité des bureaux. Evidemment, il est nécessaire de prévoir les besoins naturels un peu à l'avance... Le problème se pose d'autant plus pour la dame qui est employée à nettoyer l'endroit. En effet, la pauvre doit monter ses seaux à bout de bras sur plusieurs étages.

«On nous a dit que l'on ne réparerait pas les toilettes et que l'on ne ferait plus de frais, explique une greffière. Il semblerait que des travaux soient réalisés dans d'autres locaux, mais l'on ne sait pas lorsque l'on déménagera. Il semblerait que les câbles pour brancher nos ordinateurs n'étaient pas prévus! Mais nous avons déjà traversé le pire. Lorsque des ouvriers sont venus enlever de l'amiante au rez-de-chaussée, ils étaient protégés par des scaphandres et des masques tandis que nous étions sans aucune protection et aujourd'hui, nous avons toujours de l'amiante dans nos murs. Nous aimerions que l'on s'occupe de nous», poursuit-t-elle.

Et celles ou ceux qui disent que les greffiers liégeois n'ont pas à se plaindre devraient essayer de travailler une seule journée dans cet air pesant et ces conditions déplorables pour juger.

© La Libre Belgique 2006