Gazette de Liége

L’histoire qui suit est celle d’une résurrection. En effet, mardi 17 mai, la Coordination consultative des comités de quartier (CCCQ) tenait sa première réunion de contact à l’hôtel de Ville. Il s’agit en fait de la nouvelle mouture de cette coordination dont les premiers statuts datent de 1976 mais qui, depuis le début des années 2000, était en état de léthargie. Il y a deux ans, certains responsables des comités de quartier liégeois ont décidé de réanimer la coordination en tentant d’éviter de tomber dans les travers qui avaient conduit à son immobilisme (soit des conflits de personnes). En 2010, la CCCQ "new look" tenait sa première assemblée générale et récemment, une première réunion a donc eu lieu en présence de membres d’une vingtaine de comités de quartier.

"Cette réunion s’est très bien passée, nous avons présenté les statuts remaniés en les calquant sur le fonctionnement d’une ASBL ainsi que nos objectifs", explique Gabriel Discry, président du comité de quartier du Laveu et de la CCCQ. Et ce dernier d’assurer d’emblée que la volonté de la coordination "new look" n’est pas de "mettre à mal l’autonomie de chacun" mais bien de "garder le contact entre les comités de quartier et mettre en place des actions communes". Parmi ces dernières, Gabriel Discry évoque notamment la création d’un site web avec une page dédiée à chaque comité ainsi que "l’idée de rassembler nos diverses revendications et donc d’être plus fort ensemble, notamment sur des questions relatives à la mobilité ou aux travaux". Il y a une volonté de sortir d’une logique parfois sous-localiste pour tenter de dégager une forme d’intérêt commun.

Ce qui apparaît clairement quand on explore la galaxie des comités de quartier, c’est leurs différences et donc par là même leur variété. À l’heure actuelle, la Ville de Liège recense 33 comités de quartiers répartis sur quasi l’ensemble de son territoire. Mais ces comités, décrits par le président de la CCCQ comme "des lieux de thérapie parfois compliqués", sont en effet selon ce dernier "très différents les uns des autres", tant d’ailleurs par leur composition que par leurs actions. "Certains sont très actifs mais il est évident que d’autres vivotent".

Le bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS) ne dit pas autre chose, évoquant au sujet des comités de quartier qui sont "en ordre" "des points de contact importants entre la Ville et les quartiers". Mais ce dernier, s’il leur reconnaît une légitimité, de relativiser l’influence que ces derniers peuvent avoir sur tel ou tel dossier, évoquant en outre le fait qu’ils n’ont pas d’existence légale. "Même si un comité donne son accord sur un projet, chaque habitant a un droit individuel à faire valoir devant le Conseil d’Etat". À noter qu’une proposition a été faite d’établir une charte entre la Ville et les comités de quartier afin de mieux cerner les droits et les obligations de chacun.