Gazette de Liége  Près d’une centaine de sans-papiers vivent dans des bâtiments de fortune à Burenville.

Depuis septembre 2015, près d’une centaine de personnes privées de papiers occupent les anciennes annexes de l’école d’Horticulture de la Ville de Liège à Burenville. Bien que leurs conditions de vie soient précaires, ces quidams se sont organisés dans un collectif intitulé "La Voix des Sans-Papiers de Liège". Ensemble, ils occupaient auparavant un bâtiment situé à Sclessin mais ils en furent délogés en juin 2015. Ils ont donc dû trouver un nouveau logement.

Aujourd’hui, l’histoire se répète. Ainsi, après deux années passées à Burenville, les occupants devront quitter leurs locaux d’ici la fin du mois de juin. Certaines de ces personnes y vivent depuis plus de quinze ans et elles ne voient pas la fin de leur calvaire arriver.

Un appel à hospitalité a été lancé

Ce mercredi, le Collectif de résistance aux centres pour étrangers (Cracpe) et "La Voix de Sans-Papiers de Liège" ont lancé un appel à hospitalité.

"Ce que nous demandons, c’est avant tout une aide des autorités communales. Des enfants sont nés ici et ils vont à l’école. Nous nous battons en permanence pour la régularisation de nos sans-papiers", explique France Arets, présidente de l’ASBL Cracpe.

"Nous avons lancé une pétition en ligne qui a déjà récolté 1 700 signatures dont celles de plusieurs personnalités telles que le secrétaire général de la FGTB Marc Goblet ou encore Frédéric Paque, le président de l’ASBL Point d’Appui", ajoute France Arets.

Malgré les recherches d’autres bâtiments, il n’y a pas encore de solution tangible qui s’offre aux sans-papiers. Les occupants craignent de devoir quitter les lieux alors qu’aucune solution de relogement n’est envisagée.

Un sans-papier rencontré sur place explique que "ce n’est pas par gaieté de cœur que nous avons quitté notre pays". "Toutes les personnes qui sont ici ont fait des demandes de régularisation afin d’obtenir des papiers et de pouvoir travailler mais elles ont été déboutées".

Dans ces habitations de fortune, une jeune fille souffre de diabète. Elle doit se faire des piqûres avant chaque repas et faire attention à ce qu’elle mange. Cependant, ce n’est pas chose aisée. "L’État ne me reconnaît pas comme malade. Nous sommes des êtres humains, pas des animaux. Nous ne pouvons pas continuer à vivre dans ces conditions de vie".

Une autre jeune fille toujours à l’école raconte son vécu. "Ici, ce n’est vraiment pas facile pour étudier. Comme je n’ai pas de papier d’identité, je ne peux pas suivre ma classe quand elle part à l’étranger. J’aimerais aussi réaliser des études universitaires mais après 18 ans, nous ne pouvons plus aller à l’école".

Le Cracpe annonce que certains de ses membres seront présents lundi au Conseil communal afin de faire bouger les élus.