Gazette de Liége Élections 2018 : retour sur le débat RCF Liège - "La Libre" - "La DH" de jeudi dernier.

À Huy, ville de 21 300 habitants, dix sièges du conseil communal sont occupés par le PS, quatre sièges par idHuy, trois sièges par MR-IC, qui forment la majorité actuelle. Dans l’opposition, Écolo et Défi pour Huy occupent respectivement cinq sièges. Des sièges bientôt remis en jeu. Jeudi dernier, à dix jours des élections communales, les cinq têtes de listes en campagne ont rappelé leur vision face aux grands enjeux hutois.

L'après centrale de Tihange au cœur des discussions

Un des principaux enjeux de la prochaine législature est sans nul doute celui de la fermeture de la centrale de Tihange et de ses trois réacteurs, en 2023 pour Tihange 2 et en 2025 pour Tihange 1 et 3. Alors qu’un tiers du budget annuel de la Ville de Huy provient de la centrale, soit 15 millions d’euros, comment anticiper cette sortie ? "On a déjà anticipé cette sortie. On a un plan de ville qui est en train de sortir de terre, on oriente la ville vers le tourisme et le patrimoine. On a obtenu bon nombre de subsides, pour le téléphérique notamment… On va créer une série de pôles d’attractivité au niveau de la ville, qui créeront de l’activité, de l’émulation…", explique le bourgmestre PS Christophe Collignon, qui mise également sur l’accueil de nouvelles entreprises sur le territoire.

Pour Françoise Kunsch (idHuy), le démantèlement va aussi "amener des entreprises, des pôles de logistique", qui apporteront des recettes. Rodrigue Demeuse (Écolo) insiste sur la préservation des emplois actuels. "Lors du démantèlement, on aura besoin des travailleurs, des gens qui connaissent l’outil." Quant à Grégory Vidal (Défi pour Huy), il rappelle qu’un fonds du nucléaire existe, bien qu’il ait "été préparé très tardivement. Ce n’est pas la faute des personnes ici autour de la table". Et de souligner l’importance pour les partis d’avancer ensemble dans cette sortie. Pour Magali Dock (MR-IC), il faudra aller plus loin que ce fonds du nucléaire, en développant un pôle touristique à Huy notamment.

Tous s’accordent pour dire que la majorité actuelle a permis d’assainir les finances. Alors que la dette au début des années 2000 - sous l’ère d’Anne-Marie Lizin - était de 3 000 euros par habitant, elle est aujourd’hui de 1 800 euros. "Par contre, on constate ces deux dernières années qu’il y a eu une explosion de la dette. On est passé de 1 200 euros en 2016 à 1 800 aujourd’hui", fait remarquer le jeune Écolo. Pourquoi ? "Parce qu’on a décidé d’investir", rétorque le bourgmestre PS. "On ne peut pas me demander de revitaliser la ville, de donner un nouvel élan à la ville sans investir !" Enfin, Magali Dock et Rodrigue Demeuse pointent du doigt l’augmentation de l’IPP sous cette législature, ce "piège socialiste".

Le téléphérique est essentiel pour le tourisme

Que faut-il faire pour redynamiser l’hypercentre de Huy ? Pour idHuy, "il faut faire en sorte de diversifier les commerces, améliorer le stationnement, créer un climat attractif, embellir les services publics, augmenter le sentiment de sécurité et diversifier nos événements". Pour MR-IC, "il faut davantage amplifier l’e-commerce, améliorer la mobilité et la sécurité". Pour Écolo, "il faut mettre en place un véritable Créashop avec une prime plus importante et un accompagnement tout au long de l’année". La liste entend également développer une application pour les commerces et la gestion électronique du parking du centre-ville, développer les circuits courts et les magasins de proximité et "agir pour la rue Neuve, dans le même état depuis trois ans". Pour Défi pour Huy, "il faut repenser les activités au sein de la ville de Huy, recréer du parking en centre-ville et mettre en place une fiscalité adaptée aux commerces". Le bourgmestre PS insiste : "On a mis en place une série de mesures politiques qui ont permis de diminuer le taux de vitrines inoccupées de 20 %." Et de donner pour exemple la création de la plateforme Web Shop’in Huy et de la Régie communale autonome, la réactivation des zones bleues, l’installation du wi-fi urbain…

Plus que la redynamisation du centre-ville, c’est celle de plusieurs quartiers qui est en projet à Huy. "Ce sont des pans entiers de la ville qui étaient abandonnés depuis trente ans qui vont être revitalisés", explicite Françoise Kunsh (idHuy), qui cite pour exemple le site pollué de Fellon Lange, le quartier Thiry (ancienne zone industrielle abandonnée), le quartier Nord "mourant", le Quadrilatère, le quartier de Statte… "C’est sous cette mandature qu’on a mis tout ça en place", souligne Christophe Collignon (PS). Des projets qui demandent du temps au vu de leur importance (demande de subsides, permis…). "Nous avons aussi notre master plan touristique avec le redémarrage du téléphérique et un plan piscine à hauteur de 9 millions d’euros", ajoute-t-il, sans oublier le logement, la politique scolaire… Des projets positifs pour la ville, qui vont recréer de l’activité économique selon Écolo et Défi pour Huy, bien que ceux-ci reprochent un manque de communication avec la population. "Le téléphérique est essentiel pour redynamiser le tourisme de la ville mais on veut aussi que ça soit un élément de mobilité", stipule Rodrigue Demeuse (Écolo), qui défend un téléphérique gratuit pour les Hutois. Le téléphérique "sera aussi l’occasion d’amener du matériel" pour la rénovation du Fort, conclut idHuy.