Gazette de Liége

Pas un bus qui circule, pas un grand magasin ouvert, cela vous change une ville. Impossible en effet d'ignorer la grève de ce jeudi à Liège, où le mouvement a été particulièrement bien suivi. « Même le centre commercial Belle-île a été fermé, c'est dire si notre mouvement a été un succès», s'est réjoui le président de la FGTB Liège-Huy-Waremme, Marc Goblet, s'exprimant face au ministère des Finances, où plus de 300 manifestants étaient réunis symboliquement pour protester à « ce gouvernement plus enclin à distribuer des cadeaux fiscaux qu'à se soucier du bien-être des travailleurs».

Le train de 8h58 reliant les Guillemins et Bruxelles a également été bloqué sur les rails pendant près d'une heure, alors que dans le secteur hospitalier, le personnel administratif de l'hôpital du Bois de l'Abbaye à Seraing a été prié de quitter les lieux par une délégation de métallos de Cockerill.

Calme et ras-le-bol patronal

Aucun incident n'a été déploré ce jeudi, même si l'ambiance a légèrement dégénéré face à l'entreprise Sita, où un camion a tenté de forcer le piquet, et chez Techspace Aero où, suite à une lettre envoyée aux travailleurs la veille en leur demandant tous de venir travailler, un important piquet composé de quelque 350 travailleurs a décidé de bloquer l'entreprise aéronautique. Son patron, le français Philippe Schleicher ainsi que de nombreux cadres, ont souhaité y pénétrer malgré tout mais, constatant qu'ils ne parviendraient pas à leurs fins, ils ont tourné les talons.

Suite à cette mésaventure, Philippe Schleicher a rappelé qu'«

il est particulièrement interpellant de constater qu'alors que Techspace Aero ne représente que 2,5 pc des effectifs du groupe Safran, notre société comptabilise à elle seule 50 pc des jours de travail perdus pour grève de l'ensemble des sociétés du groupe. Et il convient de ne pas sous-estimer les risques que cela fait peser sur les contrats en cours, les embauches et les investissements».

Même discours chez Agoria, la fédération des industries du secteur métal, où l'on a calculé que lors de la grève du 28 octobre dernier, plus de 60 millions d'euros sont partis en fumée. « Les syndicats se trompent de cible puisque l'enjeu du conflit actuel dépasse largement le niveau des entreprises», a déclaré son directeur, Georges Campioli, qui estime aussi qu'il est « temps de mettre fin à ces grèves destructrices».

Du côté des syndicats, on répond que tout dépendra des amendements qui seront apportés au plan avant son vote au parlement jeudi prochain.

© La Libre Belgique 2005