Gazette de Liége Professionnels et élèves des hautes écoles vont se rencontrer sur ce thème.

La confiance dans les communicants est au plus bas. 69 % de nos contemporains la leur refusent, selon une étude américaine (Reputation Leaders, mars 2015). Et le contexte ne diffère guère de ce côté-ci de l’Atlantique. Le sujet méritait bien, dès lors, de figurer à l’ordre du jour de ComVision, le deuxième colloque consacré à la communication en province de Liège.

Sous le long titre "CommuniMenteurs : choquants, conformistes, politiquement (in) corrects… Jusqu’où aller trop loin ? Quelle éthique pour les professionnels de la com’", l’événement donnera lieu, le 14 novembre prochain, à des exposés et débats mais il sera aussi, comme sa première édition l’an dernier, une occasion de rencontres et d’échanges entre professionnels et étudiants. Les premiers sont conviés par l’Union professionnelle des métiers de la communication (UPMC). Les seconds proviendront des écoles liégeoises qui proposent une filière en la matière : la Haute Ecole de la Province de Liège (HEPL), la Haute Ecole libre mosane (HELMo) et la Haute Ecole de la Ville de Liège (HEL), auxquelles est venu s’ajouter le VentureLab, structure de soutien aux étudiants et aux jeunes diplômés entrepreneurs.

Dans le même sac

Pour Olivier Moch, vice-président de l’UPMC, les données relatives à la montée de la méfiance dans le grand public ne constituent pas une surprise : "C’est un constat qu’on peut aussi poser pour les journalistes et les politiciens, explique-t-il. Une étude menée en 2016 montre que les moins de 35 ans n’ont plus confiance dans les responsables politiques. De plus en plus, le buzz a tendance à prendre le pas sur le fond du message. Il y a de plus en plus de communicants qui sont sans formation. N’importe qui peut s’autoproclamer".

Instantanéité, sensationnalisme, amateurisme… : autant de grain à moudre pour les participants qui se retrouveront, de 14 à 19 heures, dans les nouveaux locaux du campus Sainte-Marie - HELMo, désormais baptisé campus des Guillemins. On y soulignera notamment ce glissement par lequel la mauvaise réputation des praticiens du marketing, censés répandre des mensonges de commerçants, s’étend à présent à tous les porte-parole.

En 2016, ComVision avait attiré plus de 400 personnes et on s’attend cette fois à devoir refuser du monde. Pour ceux qui se forment aujourd’hui, c’est en tout cas l’occasion de se confronter aux réalités de leur future profession. "L’an dernier, les étudiants étaient en nombre et ils ont apprécié le colloque, tant en termes de contenus que d’échanges avec les professionnels, relève Alain Delahaut (HEPL). Et pour les professionnels, il est très intéressant de se mettre en contact avec ceux qui ont une vision différente, parfois un peu naïve, mais qui peut porter à réfléchir".

Thierry Wellhoff (agence WellCom) ouvrira le feu. Un talk-show suivra avec la participation de Sophia Chikirou (chargée de com’de Jean-Luc Mélenchon), Béatrice Delvaux ("Le Soir") et Didier Heiderich (Observatoire international des crises).P.V.

Inscriptions via www.upmc.be (35 euros, gratuit pour les étudiants et enseignants des établissements associés).