Gazette de Liége

Près de deux milliards d’euros, c’est le montant total que le Fonds européen de développement régional a décidé d’investir afin de soutenir l’économie wallonne. Alors que 1 250 dossiers avaient été soumis à l’examen d’un jury, ce sont au final 438 projets qui ont été retenus. En région liégeoise, laquelle se taille habituellement avec le Hainaut la part du lion en la matière (en tout cas depuis 2008), cet argent européen est vu comme une manne céleste. Et pour cause quand on constate le nombre de projets majeurs qui ont été subsidiés par l’Europe dans ce cadre. Pour ne parler que de la ville de Liège, on peut notamment mentionner la nouvelle place face à la gare TGV des Guillemins ainsi que les nouveaux quais de Meuse sans oublier la rénovation de l’Opéra royal de Wallonie ou encore celle de l’ancien Mamac devenu depuis l’an dernier le nouveau musée de la Boverie.

Deux ans tout juste après la dernière attribution des fonds Feder (pour la période courant de 2014 à 2020), la "Gazette" a voulu faire le point sur l’évolution des dossiers liégeois qui ont bénéficié de subsides européens. Et ce à la grande satisfaction des autorités communales de Liège mais également de Seraing, de Herstal et de Flémalle, soit les villes concernées dans l’arrondissement de Liège. Ces dernières se partagent à cet égard quelque 300 millions d’euros tandis que d’autres opérateurs publics tels que la Province, l’Igil ou encore la Spi (qui a coordonné ou déposé une vingtaine de projets pour un total d’environ 100 millions d’euros) et l’Université (qui bénéficie de 70 millions d’euros de fonds européens) sont aussi impliqués au premier chef. Logiquement, la ville centre de l’arrondissement concentre une partie importante des investissements, lesquels sont également financés en l’espèce par la Région wallonne.

Renforcer le rôle métropolitain de Liège

C’est ainsi que Liège a pu poursuivre, si l’on en croit les édiles communaux, une mutation entamée il y a une dizaine d’années "afin d’affirmer son positionnement international et métropolitain, d’accélérer la transition vers une ville durable et d’améliorer le cadre de vie des citoyens". Dans cet esprit rappelé par celui qui a présidé à cette démarche, à savoir le directeur stratégie et développement de la Ville Jean-Christophe Péterkenne, trois portefeuilles de projets ont été déposés. Ils avaient trait au secteur du tourisme d’affaires ainsi qu’à "Liège, ville en transition" (un slogan cher au collège communal et désormais intégré au sein du Projet de Ville) et à la revitalisation de quartiers en souffrance. Au final et pour un montant de 125 millions d’euros sur les 184 sollicités, cinq dossiers ont été retenus.

Parmi ces derniers, on peut évoquer en premier lieu le déménagement prévu sans que l’on sache au juste quand des halles des foires de Coronmeuse à Bressoux, où doit être érigé le futur dépôt de la première ligne du tram. Plus de 35 millions d’euros ont été dégagés à cette fin, ce qui ne sera pas suffisant et ce qui contraste avec l’absence de la rénovation du palais des Congrès, soit une infrastructure vieillissante (ce qui est aussi le cas pour le pole bureaux, le parking et l’héliport) de la liste des projets Feder. À Droixhe, l’aménagement d’un boulevard urbain au départ du pont Atlas est également projeté ainsi que deux autres projets phares situés non loin de là, à savoir la construction d’un écoquartier à Coronmeuse (pour 30 millions d’euros et au terme d’une procédure de dialogue compétitif qui doit se clôturer fin juin) et celle d’un pole culturel sur le site de Bavière autour de la future nouvelle bibliothèque provinciale. Ici encore, le dossier met du temps à se concrétiser, ce qui est aussi le cas pour la rénovation de la Cité administrative, subsidiée par le Feder à hauteur de 22 millions d’euros.